Le Clain Camp

Le Clain Camp

Parce que nos trains de vie ne nous offrent pas assez de pauses, de temps pour soi, de temps d’échanges jovials, désintéressés et informels, la conception collective d’une plateforme flottante sur le Clain semble être une solution adéquate et motivante pour pallier nos besoins !


La naissance du Clain Camp

La ville de Poitiers est entourée du Clain, une rivière qui prend sa source au sud d’Hiesse en Charente. Avant de confluer avec la Vienne, au sud de Châtellerault, elle traverse notre ville et notre département. Ainsi, le Clain a joué et joue toujours un rôle primordial dans la géographie et l’organisation de la ville et de ses quartiers. Pourtant, l’affluent n’est guère mis en valeur, que ce soit en raison de la présence de nombreuses voies de circulations automobiles ou de la difficulté d’accès et du manque d’aménagements des rives. 

Dans le cadre de cette réflexion collective sur la réappropriation de l’espace urbain par ses habitants, nous avons donc eu à cœur d’imaginer faire de cet endroit un lieu convivial, accueillant, non-lucratif et respectueux de la nature environnante.

Un projet flottant

L’urbanisme est confronté au défi de la montée des eaux à cause du changement climatique et aussi de façon générale par la variation de la crue des rivières. Pour concevoir cette plateforme flottante, nous nous sommes inspiré.e.s des projets proposant des structures qui reposent sur l’eau. Voici les principales constructions qui nous ont aidé à concrétiser notre projet.

Notre proposition

Dans un premier temps, nous voulions réaliser une sorte de parc sur le Clain qui prendrait la forme d’un vaste carré au centre de la rivière relié à l’une des rives par un petit pont sur roulettes (permettant de s’adapter à la hauteur de l’eau). Nous avons pensé mettre un mobilier modulable afin de correspondre aux différents besoins des habitants et s’assurer qu’il soit réutilisable par la suite. Par ailleurs, nous imaginions un mobilier qui permettrait de ne pas trop encombrer le “parc” et qui s’adapterait à la météo – proposant des sièges sur lesquels s’asseoir au soleil et un abri en cas de mauvais temps. Nous souhaitions proposer un espace polyvalent pour bronzer, pique-niquer, bouquiner, se rencontrer, converser, profiter de la faune et la flore. De plus, nous envisagions la création d’une grainothèque, de nichoirs pour oiseaux et d’un système de récupération des plastiques polluant le Clain. 

Pour continuer ce projet, nous sommes allé.e.s interroger les premiers concernés – les pictaviens et pictaviennes – qui ont confirmé la direction que prenait ce projet.

Grâce à ce sondage nous avons pu creuser davantage certaines questions comme l’accessibilité du lieu, son emplacement, les matériaux utilisés.

Un projet avec des contraintes techniques

  • Accessibilité : 

La plateforme doit se trouver près du centre-ville, dans un endroit accessible par les piétons, les cyclistes, et desservi par le bus. Il serait préférable également qu’il y ait un parking. 

C’est pourquoi nous aimerions que le projet se trouve sur la rivière au niveau de la promenade du Clain Nouveau, près du stade de course ou après la petite “cascade” près de la passerelle des 4 roues. Ces deux endroits présentent aussi l’avantage d’être relier à des rives « publiques » et donc de ne pas empiéter sur le terrain de riverain.e.s1 .

  • Matériaux et flottabilité

Nos requêtes auprès des entreprises professionnelles n’ont pas abouti. Nous avons néanmoins pu parler de flottabilité avec des étudiant.e.s en ingénierie : la plateforme doit être construite dans le matériau le plus léger possible car c’est sur le ratio air contenu en son sein et poids du réceptacle que se joue la capacité “flottante” de la structure. Pour plus de stabilité, il nous a aussi été conseillé de ne pas incurver les bords de la plateforme. 

Ainsi, en nous inspirant notamment de l’architecture de l’université flottante de Berlin, nous avons décidé de partir sur plusieurs couches :  flotteur en plastique recyclé, plancher en aluminium, recouvert d’une fine épaisseur de bois.

  • Sécurité

SI nous voulions au départ construire une sorte de rambarde de protection autour du “parc”, il nous a semblé à la réflexion que cela dénaturerait les lieux et n’était pas forcément indispensable si nous modifions le projet initial, en préférant créé un extension de rives s’étendant jusqu’à la moitié du lit, plutôt qu’une plateforme à cheval au milieu des berges. 

Témoignage d’événements passés sur le Clain

Toujours dans une perspective de relier ce projet à la réalité du territoire et des besoins de ses citoyen.ne.s, nous avons souhaité rencontrer Aurélien, acteur des projets alternatifs et citoyens dans Poitiers. Il a gentillement accepté de nous partager son expérience autour d’un café à l’Envers du bocal, bar associatif, fait d’objets de récupérations.  Pendant trois ans, il a effectivement organisé le festival intitulé le “Taco Clain” le dernier week-end de mai. Ce projet avait pour but de faire découvrir les jardins ouvriers de la ville en invitant des artistes à se produire sur des scènes flottantes. Le public était dans des embarcations mobiles ou non selon les préférences des musicien.ne.s et des comédien.ne.s. Victime de leur succès, iels ont dû arrêter après la troisième édition qui a réuni plus de 1000 personnes. En effet, voulant rester 100% autonome, iels ne voulaient pas institutionnaliser le festival. Toutefois, l’événement était déclaré grâce à leur statut d’Etablissement Recevant du Public (ERP).

Au niveau technique, les matériaux provenaient de dons. Iels ont utilisé plusieurs planches à voile glissées dans des grandes palettes récupérées dans une scierie et tenues grâce à des tendeurs. Les planches mesuraient 4X4 mètres, ancrées dans l’eau avec des parpaings. 

Maturation du projet à l’issu de cette discussion

Finalement, aujourd’hui, nous avons fait évoluer notre projet : nous le concevons de façon beaucoup plus informelle et temporaire. Nous souhaitons rester sur un projet gratuit, inclusif et collaboratif. Par ailleurs, nous avons pu développer une réflexion sur la nature “immobile” de notre plateforme : est-ce qu’il ne serait pas préférable de proposer une structure qui suive le mouvement de l’eau, en pensant par exemple davantage à des embarcations ? En effet, c’est la voie qu’emprunte désormais Aurélien, qui rénove l’embarcadère avec des lycéen.ne.s.

  • De quoi avons-nous besoin pour vivre ? D’un espace en contact avec la nature, de convivialité et de temps.
  • Qu’est-ce qui dépend de nous ? La conception et la réalisation du projet dans une perspective collaborative et écologique.
  • Avec qui souhaitons-nous collaborer ? Avec toustes les citoyen.ne.s volontaires pour créer des endroits à leur image.
  • Contre quoi luttons-nous ? Les institutions à but lucratif.
  • Que faut-il faire pour améliorer nos conditions de vie ? Proposer des endroits de détente.

Alors, on atterrit au Clain Camp ?

  1. Réglementation sur les droits des riverains et propriété privée  : https://clain-aval.fr/wp-content/uploads/2016/11/Droits-et-devoirs-des-riverains_DPF_SyRVA)



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