Survivre au capitalisme

Survivre au capitalisme
Barricade à Berlin en janvier 1919, photographie d'Alfred Grohs - source : WikiCommons-Bundesarchiv

Une valise de livres pour aider l’humanité à dépasser le capitalisme avant qu’il ne dépasse l’humanité.

En 2070, un groupe de miliciens marxistes réunissent des livres comme une capsule temporelle dans un contexte de crise et de guerre civile. Un spectre hante l’Europe, le spectre du communisme. Marx, en son temps, disait déjà « toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre ». La guerre civile prend Berlin et l’Europe, la comparaison avec la vague révolutionnaire de 1917/1919 est saisissante.

Dans un contexte de capitalisme en crise, mondialisé, et de dérèglement climatique sérieux. 

Une révolution marxiste mondiale éclate et dégénère en communisme de guerre, ressemblant étrangement à la guerre civile russe ou espagnole, avec une coalition des états bourgeois contre l’union des prolétaires. La guerre civile provoque le chaos et le capitalisme est dépassé, bien que cela ne corresponde pas tout de suite à un superbe progrès mais à un début de collectivisation poussive, avec des pénuries, alors que des guérillas continuent au quatre coins du globe. Malgré une dépression économique, cette révolution mondiale qui dure sur une décennie provoque l’insertion dans le champ du politique de millions de personnes, qui sont à l’initiative d’un renouvellement du rapport à la terre, à autrui, ainsi que d’avant-gardes artistiques. Se souvenant de la célèbre phrase de Lénine, “Qui tient Berlin tient l’Allemagne, qui tient l’Allemagne tient l’Europe”, la guerre civile se concentre sur Berlin, rappelant les “Straßenkampf” des années 20. 

Les combattants, retranchés dans le U-bahn, dans leurs abris improvisés, savent que la fin d’un monde advient en même temps que potentiellement la fin de leur propre vie. Ils sont acculés, en grande insécurité, ils savent qu’il s’agit d’un tournant pour l’Europe. La situation est critique mais laisse exister l’espoir d’une victoire et d’un dépassement du capitalisme. Ils repensent avec émotions à leurs idées, pourquoi ils se sont battus, de leur vécu, de leur histoire et souhaitent transmettre aux générations futures un témoignage de leur culture marxiste, ainsi qu’une notice pour la suite des événements. Ils savent qu’ils sont au tournant, au basculement, gardent confiance en l’avenir et décident de protéger quelques livres, de les conserver dans une valise, de façon à les transmettre à leurs enfants à leurs « continuateurs », la génération qui héritera de la révolution et devra reconstruire la société.

Bibliographie :

Notre bibliographie est non-hiérarchique (au niveau des ouvrages), divisée en catégories qui sont elles, classée selon leur utilité : d’abord les ouvrages de réflexion politique, puis les mémoires du monde d’avant etc…

Réflexion politique et nouvelle société :

Notre valise s’organise comme une boîte à outil théorique pour construire une société débarrassée de la propriété privée et des classes sociales, ceci dans un but d’émancipation de la liberté individuelle ainsi que du sauvetage urgent de la planète. Cette catégorie est donc la première car elle incarne la base de notre valise : des manuels d’analyse et de réflexions des rapports sociaux pour en construire de nouveaux, plus justes et égalitaires. 

Friedrich Engels, Principes du communisme

Pena-Ruiz Marx, penseur de l'écologie

Rosa Luxembourg Réforme sociale et révolution

Emma Goldman Vivre ma vie

Angela Davis Femmes, race et classe

Aldous Huxley Le meilleur des mondes

Mémoire du monde d’avant :

Car pour faire « table rase » de la société d’avant, il faut se rappeler à quoi elle ressemblait. Cette catégorie bien qu’elle offre toujours des outils d’analyse de la société actuelle, contient des ouvrages placés ici dans une optique mémorielle.

Primo Levi Si c'est un homme

Trotsky Qu'est-ce que le national socialisme ?

Témoignage saint La Bible, Torah & Coran

Thomas Sankara Recueil de textes, Thomas Sankara

Penser de nouveaux imaginaires:

Si nous avons choisi de faire une valise très théorique, afin de donner des outils pour reconstruire un monde, et voulons laisser la liberté aux générations futures de créer leur culture, leurs imaginaires, leur propre éducation et leurs références communes ; il est cependant important de passer par d’autres moyens, moins théoriques, pour faire passer ses idées. Face à une valise très théorique, diffuser une culture révolutionnaire, des lectures plus accessibles, sera un moyen de pédagogie, d’apprentissage ludique des lettres, voire simplement, une catégorie de loisirs, inutile, pour la simple jouissance de l’esprit. Cette catégorie d’éveil de l’écriture et de l’imagination s’applique aussi à générer de nouveaux imaginaires, des consensus idéologiques, chez les héritiers de la valise, grâce au carnet vierge notamment.

Maïakovski, La Poésie, L'Amour et La Révolution

Carnet vierge, pour étaler de nouvelles pensées sur le papier

Survivre à l’enfer :

Une catégorie de livres qui s’adresse aux survivants, aux héritiers des révolutionnaires, mais aussi aux révolutionnaires eux-mêmes, car tous vivent un renversement, celui du capitalisme, un changement de structures. Une mutation violente de la société mondiale se matérialisant par une guerre civile qui constitue pour les combattants une véritable apocalypse, une révélation par le chaos d’un paradis qui peine encore à émerger. Et face à cette situation inédite qui bouleverse les rapports sociaux entre humains, il peut être utile de puiser de l’inspiration dans la littérature pour mieux appréhender ce genre de situations.

Robert Merle Malevil



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