L’origine du monde

L’origine du monde

Le scénario du monde :

Brève introduction 

Ce monde est placé avant l’avènement de tout ce que nous connaissons. Il est antérieur aux dinosaures et, de sa destruction, découle des détails qui existent toujours dans le monde contemporain. Cette société était petite, nichée au milieu de la Terre et ne connaissait pas d’autres vies humaines que la leur. Leur particularité était de ne pas avoir la conscience des corps, c’est-à-dire que chacun.e en avait un mais n’était pas jugé.e, critiqué.e, discriminé.e par celui-ci. Ainsi, tous les corps pouvaient être de formes différentes, de couleurs de l’arc-en-ciel. Les sexes biologiques existaient encore pour pouvoir reproduire l’espèce mais ni l’un ni l’autre des sexes n’était mis en valeur. La mouvance des corps était libre, la société s’ouvrait à l’art, aux sentiments, au collectif. La société se pensait comme un tourbillon d’énergies, d’entrain, de joie et d’entraide. La jalousie ne pouvait exister car personne ne s’arrêtait sur les corps, tout le monde se trouvait beau.belle. Il existe encore des traces aujourd’hui dans la couleur des yeux, dans les multiples façons de communiquer, de créer. Voici enfin le dévoilement de ce monde utopique :

Les corps du monde

Le postulat est que chaque corps n’est pas perçu en tant que corps, pas de conscience de celui-ci. Cela reste une enveloppe qui est aimée par la différence et la diversité mais qui n’est jamais jugée. Cette société très ouverte nécessite de la part de la population une très forte confiance en soi et une appropriation de leurs corps, sans pour autant qu’il y ait de la comparaison et de la compétition. Les habitant.e.s sont tous très différent.e.s : couleur de peau, taille, corpulence, sexe ( il y a bien une distinction biologique mais qui n’impact en aucun cas les corps des personnes, l’orientation sexuelle est neutre)… Pourtant, il n’y a pas d’interrogation sur le rapport que les gens entretiennent avec leurs corps, de même qu’il n’y a pas de classification réalisée pour “trier les gens dans des cases”, une activité que l’Homme affectionne tout particulièrement. Pourquoi ne questionnons-nous pas les corps ? Simplement car nous n’en ressentons pas le besoin, la nécessité est que la question ne viendrait même pas à l’esprit. En outre, cette absence d’interrogation et de questionnement sur le rapport au corps pose des problèmes d’ordre philosophique, éthique et moral : sans différenciation et comparaison par rapport à l’autre, comment l’individu peut-il être lui-même ? Quelle est sa propre personnalité ? Comment peut-il se construire et se forger son propre tempérament ? Ces questions d’ordre philosophique ont été soulevées, mais elles n’ont réellement que très peu impactées le quotidien de la population. Les corps se construisent ainsi sans chercher la contradiction et la différence avec l’autre mais en cherchant à écouter son propre choix intime.

Avant tout, notre société est libre, libre d’esprit, mais également et surtout libre pour tout un chacun d’avoir une opinion ou non sur un sujet précis, et de pouvoir l’exprimer, ou non. 

Les sentiments et leur transmission

Chaque habitant.e.s vient des sentiments, ils ou elles ont la possibilité de les exprimer par un système de transmission de pensées et d’accord mutuel. Ainsi, si un habitant ressent de la tristesse et veut la partager pour être consolé, ou pour se détacher d’un poids, il peut demander à un autre habitant s’il veut bien accueillir son émotion pour qu’il comprenne ce qu’il ressent. Ce dernier à le droit de refuser ou non le partage. Certaines personnes sont spécialisées dans cette communication, nous pourrions les qualifier aujourd’hui de médecin, mais ici ils ou elles ne cherchent qu’à écouter les émotions et à les comprendre avec la personne touchée.

Le Travail dans notre société

Cette notion de liberté, présente à toutes les échelles dans notre société, est parfaitement illustrée dans le domaine du travail. Il n’y a dans notre pays aucune obligation et aucune pression vis-à-vis du fait de travailler. Néanmoins, la population a quand même conscience du temps, des efforts et des investissements accordés par un individu au profit du collectif est bénéfique pour tout le monde. Il n’existe par conséquent pas de règles préétablies. Les habitant.e.s, lorsqu’ils ou elles le désirent, peuvent travailler seul.e.s ou à plusieurs, comme un collectif autonome ou avec une personne plus coordinatrice… Il y a un système éducatif dans notre pays, composé de l’école de la vie, des lieux de formation et des lieux spécifiques. L’idée n’est pas la recherche absolue de la réussite mais bien le partage, la découverte de la collectivité, et l’éducation continuelle jusqu’à la mort de l’individu.

La Géographie de notre pays

Notre pays est composé de 150 000 résident.e.s permanent.e.s. Il comporte seulement une ville, son bourg et les campagnes alentours. Tous les lieux y sont considérés de la même manière, comme un ensemble inséparable et incomparable. Le pays est chaud l’été et doux en hiver. Il  possède une très grande biodiversité, autant de faune que de flore, ce qui permet aux habitants de profiter d’un environnement très sain et agréable. Les animaux sont par ailleurs très prisés dans le pays, et ils font partie à part entière du quotidien des humains. La terre agricole est très riche et source de bonnes récoltes. La géographie du pays lui permet d’être très orienté vers les questions environnementales, de part un territoire forestier très important, qui entoure un unique fleuve. Enfin, il est entouré par de grandes montagnes boisées. Cette très grande diversité se ressent directement au sein de la population : les gens changent régulièrement de résidences, pour découvrir un nouveau mode de vie. Ainsi, les corps des habitants s’adaptent à l’environnement qui les entoure mais ils ne se modifient pas pour autant. Cette diversité de paysages et de territoires dans un espace tout de même restreint est renforcée par l’omniprésence de l’art dans le pays, avec de très grands lieux collectifs d’expression comme d’exposition. “Tout est Art”. Les habitants vont peindre une fresque collective en ville, vont faire du land-art à la sortie du village… Les habitants s’approprient leur environnement en créant un espace de partage et d’échange respectueux envers la biodiversité. 

La fin du monde

La fin du monde commence par la dégradation de ce corps si parfait. Une personne que nous nommerons X pour son intégrité, ressent toutes les émotions de tout le monde car son système de blocage émotif ne fonctionne plus depuis plusieurs jours. Nous saurons plus tard que cela est dû à une maladie génétique. Ceci est la première maladie que l’on peut répertorier, une maladie mentale qui vient des gènes qui n’avait jamais existée auparavant. La personne X tue une personne Y dû à un épuisement émotionnel à ressentir toutes les émotions en même temps. Ceci est le premier crime de l’Histoire. Il tue sur la place public, c’est un nouveau geste qu’on sait sacrilège. La personne tuée transmet ses émotions de douleur à tout le monde. Celles-ci sont tellement fortes, que pour savoir ce qui se passe tout le monde “ouvre” ses émotions et reçoit une déflagration de douleur jamais ressenti auparavant. Nous avons ainsi pu ressentir l’arrivée de la mort comme si nous étions en train de mourir. En conséquence de cet épisode malheureux, certaines personnes commencent à penser et à requestionner la société. Différentes branches de la philosophie se créent et mettent en doute notre monde si parfait. Il n’y a plus de confiance dans les émotions maintenant donc cela a pour conséquence qu’il n’y a pas de confiance aux autres. La société commence à se renfermer sur soi. Les questionnements sur le corps, la mort, sur ce que tout le monde a ressenti commence à faire prendre conscience des différences. Chacun tente de se protéger individuellement pour ne jamais ressentir ce que la victime a ressenti. Ici commencent les différenciations des corps et l’individualité, ce qui nous mena ensuite à notre perte. Ceux qui se protègent mieux ou qui ont les moyens commencent une domination sur les autres. La hiérarchisation de la société arrive et détruit celle que nous connaissions si bien.

Récit du monde présent

Notre monde a brûlé sous nos yeux. Nos ami.e.s et nos familles sont morts devant nous, toute notre société s’est écroulée sans que l’on ne puisse rien y faire. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes les cinq derniers témoins de ces temps disparus, nous sommes la mémoire d’un monde regretté. Des nouvelles sociétés se sont érigées et se sont écroulées, les siècles sont passés, mais nous étions toujours vivants. La mort a tout emporté autour de nous mais nous a épargné. Pourquoi ? Comment ? Nous n’en avons pas la moindre idée, cela fait maintenant plus de 3000 ans que notre vie continue, éternelle et sinistre. Nous ne voulions pas de l’immortalité, nos esprits sont morts avec notre monde et depuis nos enveloppes corporelles perdurent, vides de tout bonheur. Pourtant, nous avons essayé de nous adapter. Nous avons modifié notre corps pour qu’il soit semblable à celui des nouveaux habitants de ce monde, triste et étroit. Mais nous n’avons jamais pu nous résoudre à abandonner notre passé et le monde qui nous a construit. Depuis des siècles nous essayons d’en retrouver les traces dans les créations humaines les plus récentes, à travers des mots et des images nous rappelant la meilleure partie de notre existence. Sans nous l’avouer, nous avions l’espoir qu’en rassemblant ces œuvres nous puissions reconstruire ce monde comme il existait. Notre recherche nous a permis de rassembler un certain nombre d’éléments, d’images et d’œuvres proches du souvenir qu’il nous reste de notre passé.

Notre histoire et Bibliographies

Bibliographie qui décrit

Notre monde a brûlé sous nos yeux. Nos ami.e.s et nos familles sont morts devant nous, toute notre société s’est écroulée sans que l’on ne puisse rien y faire. Mais nous sommes toujours là. Nous sommes les cinq derniers témoins de ces temps disparus, nous sommes la mémoire d’un monde regretté. Des nouvelles sociétés se sont érigées et se sont écroulées, les siècles sont passés, mais nous étions toujours vivants. La mort a tout emporté autour de nous mais nous a épargné. Pourquoi ? Comment ? Nous n’en avons pas la moindre idée, cela fait maintenant plus de 3000 ans que notre vie continue, éternelle et sinistre. Nous ne voulions pas de l’immortalité, nos esprits sont morts avec notre monde et depuis nos enveloppes corporelles perdurent, vides de tout bonheur. Pourtant, nous avons essayé de nous adapter. Nous avons modifié notre corps pour qu’il soit semblable à celui des nouveaux habitants de ce monde, triste et étroit. Mais nous n’avons jamais pu nous résoudre à abandonner notre passé et le monde qui nous a construit. Depuis des siècles nous essayons d’en retrouver les traces dans les créations humaines les plus récentes, à travers des mots et des images nous rappelant la meilleure partie de notre existence. Sans nous l’avouer, nous avions l’espoir qu’en rassemblant ces œuvres nous puissions reconstruire ce monde comme il existait. Notre recherche nous a permis de rassembler un certain nombre d’éléments, d’images et d’œuvres proches du souvenir qu’il nous reste de notre passé.

Bibliographie qui interroge

Nous étions si proches de retrouver ce paradis, notre espoir était si grand. Mais une idée est venue nous bouleverser, ruinant tous les efforts que nous avions réunis depuis tant de temps. Notre monde valait-il vraiment plus que celui dans lequel nous sommes aujourd’hui ? Nous nous sommes centré.e.s sur les problèmes de la société actuelle, égoïste et inégalitaire, sans nous demander si au milieu de ces défauts existaient de nouvelles choses à préserver, n’existant pas dans notre société idéale. Et la réponse nous est alors arrivée rapidement. Notre monde était loin d’être parfait. Aveuglés par notre nostalgie et par l’opinion bornée que nous avions de celui-ci, nous n’avions pas vu ses dangers et ses problèmes. Certes, nous détestons la société actuelle, mais derrière les meurtres, la jalousie et les guerres se cachent la subjectivité, le libre arbitre et la pensée propre des humains. Nous nous sommes alors aperçus avec horreur que notre monde idéal ne se rapprochait pas seulement des œuvres positives que nous avions rassemblées durant des années, mais aussi de certaines dystopies et de fictions immondes. Nous l’avons vu d’un nouveau regard, notre monde était inhumain sans que nous nous en rendions compte.

Bibliographie qui console

Que faire maintenant ? Notre seul objectif, notre seul espoir venait de disparaître. Nous ne pouvions plus essayer de reconstruire un monde comme celui-ci, nous ne pouvions plus fantasmer la réapparition future d’une civilisation avec tant de défauts. Jamais nous n’avions autant maudit la mort de nous avoir abandonné. Une vie sans désirs n’en est pas une. Et nous sommes persuadé.e.s que nous ne pourrons jamais nous habituer à ce monde, que le fantôme du passé hantera nos esprits à tout jamais. Si nous ne pouvons pas nous habituer à la réalité telle qu’elle est, il ne nous reste qu’une seule chose à faire, la fuir, essayer de nous mentir et de retrouver la joie à travers des œuvres nous donnant une version idyllique d’un monde qui n’existera probablement jamais. Mais qui sait, si nous sommes chanceux peut-être que ces œuvres nous aideront à nous remettre, à accepter la réalité de la situation et à continuer à vivre, à faire le deuil de notre monde perdu et à apprendre à aimer celui dans lequel nous vivons.



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