Tenue correcte exigée

<center>Tenue correcte exigée</center><br>
« Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale » Exposition aux Arts décoratifs, 2017.

Du pantalon au crop-top, en passant par la mini-jupe et le string qui dépasse, la mode a toujours été sujet au scandale. Le vêtement est notamment pour les jeunes un moyen d’expression et un instrument de revendication. Aujourd’hui, le débat se fait autour de la dénommée tenue « républicaine ».

Comment comprendre ce terme? Comment est-on arrivé à une telle sexualisation de la femme et de la jeune fille? Comment expliquer que les tenues cristallisent autant nos sociétés?

C’est à la suite du traitement de divers sources et documents que nous avons pu hiérarchiser nos idées afin de comprendre l’intégralité de ce problème sociétal que pose constamment le vêtement, à travers les époques. D’un point de vue historique, sociologique et juridique : on vous dit tout!

 

Quelle Histoire !

 

            Pour comprendre le sens actuel de « tenue républicaine », il est, à notre sens, indispensable de comprendre les enjeux politiques historiques du vêtement et de cette tenue républicaine. Le vêtement dans l’histoire a été source de revendications, d’interdictions, de libertés, de sévérité et bien d’autres encore. C’est ce que l’historienne Christine Bard démontre parfaitement dans son livre « Une histoire politique du pantalon ». La et les polémiques sur les vêtements et les tenues remontent à beaucoup plus longtemps qu’on ne le croit et pour tous. Le costume ou l’habit a toujours été confronté à des changements, des critiques. Concernant le problème du genre, de la longueur, de la taille, à qui s’adresse-t-il ? Comment le porter ? Pourquoi le porter etc… La « mode » dans ses sens, change et a changé en fonction des siècles.

Ce qui a été relevé en 2020, c’est-à-dire le fait de devoir s’habiller dans une tenue « républicaine » ressort d’une mentalité, à laquelle surtout les femmes doivent faire face, présente depuis des siècles, depuis la notion de sexes séparés. En effet, la femme était dans l’Histoire considérée comme “le beau sexe”. Ainsi, son corps a été sans cesse épié, regardé, critiqué. Il est important de comprendre que nos mœurs d’aujourd’hui au sujet des vêtements, de la tenue tiennent d’événements majeurs qui ont impacté notre société comme les religions et les croyances (comme les sectes qui avaient et ont leurs uniformes), l’impact et la comparaison des autres pays etc…

Si l’on prend la notion, l’idée de tenue « républicaine » littérairement, on retrouve une signification très précise notamment à propos de la tenue, de l’uniforme des officiers (depuis toujours avec de nombreux aspects sociologiques qui en découlent) et des dirigeants (sous le directoire). Par exemple, le conseil des 500 s’était réuni sur ce que doivent porter les dirigeants et représentants de l’Etat. On retrouve dans le même contexte, une volonté sous le Directoire de créer une tenue, un uniforme pour la population (qui a rapidement été abandonné bien que réessayé quelques années plus tard) mais également la création des uniformes scolaires. Ainsi, l’uniforme permet -pour ceux qui le mettent en place- de dresser les corps, une meilleure hygiène (qui sera un argument important pour le port de la culotte et du pantalon pour les femmes) mais aussi de créer une unité.

            D’un autre point de vue, la question du port du pantalon pour les femmes s’est toujours posée. En effet, ce dernier à pendant des siècles été considéré comme un attribut masculin et chaque femme qui le portait était considérée comme déviante et voulant l’attention sur elle. On le voit dès la Révolution, chaque femme qui souhaitait sortir des codes était considérée comme rebelle, une personne en marge de la société qu’il fallait absolument remettre dans les rangs. Pendant très longtemps, les hommes (d’un point de vue général) essayaient à tout prix d’empêcher ces femmes « rebelles » d’accéder au pantalon et donc comme on le reverra d’accéder au « pouvoir ». Cependant à partir de la Belle Époque[1]Période qui s’étend de la fin du xixe siècle au début de la Première Guerre mondiale, marquée par de nombreux progrès dans divers domaines et notamment sociaux (bien que dénoncé bien avant) le pantalon devient essentiel pour pouvoir travailler pour une question de praticité mais également de salaire (une femme habillée en « homme » – déguisée en quelque sorte – gagnait bien plus que si elle était habillée en femme). On comprend donc que porter un pantalon était synonyme de pouvoir. Les hommes étaient auparavant les seuls à pouvoir porter un pantalon sans représailles ou commentaires désobligeant et même entre eux, chaque pantalon avait un stéréotype accroché, en fonction de la classe sociale notamment pendant l’Ancien Régime mais aussi pendant la Révolution. Les femmes ont été autorisées « officiellement » que récemment à porter un pantalon sans avoir besoin d’une « dérogation » ou « d’une justification » par exemple.  Pour voir l’émancipation réelle des femmes sur la question du pantalon et « l’autorisation » il faut se référer à la belle époque, en France du moins. Si l’on prend un autre pays comme l’Italie par exemple, porter le pantalon pour une femme est très difficile surtout dans les petits villages traditionalistes. La tradition comme en France à une place importante. Comme on peut le voir dans le livre de Lara Cardella, Volevo i Pantaloni par exemple, jusque dans les années 1970-80 environ (c’est-à-dire très récemment), ou pour elle pendant son enfance et son adolescence, il était impossible pour les femmes de porter un pantalon qui donnait ici aussi un mauvais genre, qui dictait la notion de pouvoir. La femme était considérée comme une « putana » si elle en portait un. Ainsi, d’un point de vue historique, le pantalon a été un outil de revendication et de pouvoir fort. Il est donc nécessaire de se rendre compte qu’il a fallu des siècles pour que les femmes aient l’autorisation de porter un pantalon (ce symbole du pouvoir) et alors que l’on pourrait croire que dorénavant toutes les lois à ce propos sont supprimées, la principale loi sur la question du « travestsissement » comme on le disait à l’époque, la  loi de 1800 interdisant aux femmes de s’habiller en homme, n’est toujours pas abrogée.

Tenue influencée par Amelia Jenks Bloomer.

            C’est pourquoi et pour contrer ces injustices que la question du féminisme dans l’histoire du vêtement est aussi très importante. C’est avec les mouvements féministes que les mœurs ont pu avancer. C’est ce qu’il faut retenir : les mouvements féministes ont réussi dans l’Histoire – avec le véritable commencement lors de la Révolution française – à contester une mode dictée par les hommes pour réussir à imposer par le vêtement (par exemple le pantalon) leurs droits et leurs pouvoirs. Ainsi, chaque étape, chaque avancement a été impulsé par un mouvement féministe (même si bien au contraire ces mouvements n’ont pas été les seuls synonymes de changements). Aussi, avec de grands mouvements on peut y associer de grands noms comme George Sand, Rosa Bonheur, Colette et bien d’autres. Cependant elles ont (et il est important d’en parler) été bloquées, empêchées par les mouvements antiféministes mais également par l’Etat reprochant une volonté de « virilisation » du « beau genre » c’est-à-dire de la femme, trouvant en permanence des failles dans ce qu’elles voulaient : reprochées de voir trop de corps, pas assez, trop transparent ou trop fermé. Un peu comme aujourd’hui, quoi qu’elles fassent les femmes étaient sans arrêt reprises et jugées sur leurs tenues. Chacun et chacune devait respecter les codes vestimentaires qui leurs étaient attribués. On se rend compte que les stéréotypes d’aujourd’hui ne sont pas si différents des stéréotypes d’avant. En fonction de ce que l’on porte et de comment on le porte, il y a un dénigrement permanent, un jugement de valeur et d’éducation. L’habit porté est une carte d’identité biaisée.

 

A l’origine de la jupe

 

            Quand, en 1800, une ordonnance interdisant aux femmes de s’habiller comme les hommes est mise en place, cela donne à la jupe et au pantalon une force nouvelle. Le but était de limiter l’accès des femmes à certaines fonctions et métiers en les empêchant de se parer à l’image des hommes. Comme nous l’avons répété, avoir le choix de porter un pantalon, c’est avoir le pouvoir. A l’époque, la jupe était déjà genrée puisque définie comme une « partie de l’habillement féminin ». Il ne faut toutefois pas oublier que le mot « jupe » vient du mot arabe « djouba » qui désigne une grande robe portée par les hommes et les femmes et qui aurait même été portée par le prophète Mahomet. Même au moyen-âge, la jupe était portée par les hommes, sous la forme de jupon. Les femmes, quant à elles, portaient le corps de jupe (le corsage) et le bas de jupe. 

            Le sens moderne de la jupe n’apparaîtra qu’au 17ème siècle. La jupe devient donc l’objet de nombreuses controverses. Certaines femmes vont à contre-courant de l’idée que ne plus porter de jupe, c’est renoncer à la féminité. C’est le cas de Madeleine Pelletier, une féministe qui s’habillait comme les hommes. Ce qui était codé de manière féminine était, dans l’imaginaire collectif, dépourvu de pouvoir. C’est pourquoi on a pu assister à une véritable virilisation vestimentaire. En parallèle, durant la Révolution Française, l’uniforme féminin concentre les critiques. Courant 19ème, la démocratisation de la bicyclette transforme les habitudes des françaises car la jupe longue n’était pas pratique pour pédaler. Cela a donc favorisé l’apparition des jupes courtes et, début 20ème, on prend de plus en plus en compte le fait que les femmes travaillent (elles constituent 1/3 de la population active en 1906). Le port du vêtement rationnel est défendu tandis que le corset est critiqué. Cela va donc entraîner l’apparition de la jupe-culotte et de la jupette, la partie du maillot de bain féminin couvrant le haut des cuisses. Ces nouvelles habitudes ont vite été source de polémiques puisque tout changement, même mineur, semblait menacer l’ordonnancement savant qui distinguait masculin et féminin. 

 

Le changement des mentalités

            Une nouvelle révolution vestimentaire se produira après la Première Guerre Mondiale. Pendant les Trente Glorieuses, la conception de la beauté féminine passe d’un corps axé sur les rondeurs à un corps filiforme et mince. Le tailleur et la robe taille basse devient donc l’uniforme de la « femme moderne ». L’allégement de la tenue vestimentaire en ce début du XXe siècle, voit les tenues féminines se resserrer sur le corps. Les plis des robes s’effacent, l’étoffe touche l’anatomie, contrairement à la vieille redondance des plis. Cela marque un accroissement de la liberté de la femme. Le corps en « S » repris par les illustrateurs fait figure de norme avec un corps « cassé », avec le fessier et la poitrine ressorties. La ligne ainsi simplifiée est alors érotisée, suggérant un « dessous » jusque-là « inaccessible » au regard. Cette érotisation est suggérée par les hanches et les lombes devenues visibles. C’est l’image grivoise d’Henri Gerbault en 1905, évoquant le tout en une réplique : celle d’un homme avouant « être comblé » en regardant les flancs de son interlocutrice lorsque celle-ci lui tourne le dos. C’est le vieillard avouant son désir en observant les passantes dans les illustrations d’Henriot. C’est encore la figure féminine toujours plus « cintrée » à la taille, censée expliciter le « coquin », l' »excitant » qu’un dessin de Préjelan intitule par ironie, dans l’Illustrée national « contemplation ».

            Cette émergence du corps donne lieu à une volonté de plus en plus grande de définir une silhouette “idéale”. L’accroissement de la minceur autorise l’accroissement attendu du galbe. La femme est un objet de désir qui doit mettre son corps en valeur avec des vêtements au plus près de ses formes. La célèbre mini jupe popularisée en France par André Courrège fait partie de ces vêtements au cœur des débats. Elle est portée par des actrices faisant figure de modèle pour les femmes de l’époque comme Brigitte Bardot qui dégage une sensualité et une liberté à travers les rôles qu’elle incarne au cinéma. Cette pièce présente dans les garde-robes des femmes de l’époque est loin d’être un bout de tissu purement innocent. En effet, la minijupe a été créée par une styliste anglaise, Mary Quant, cette pièce de mode est à l’origine d’une vraie révolution sexuelle, stylistique et commerciale. La styliste pour des raisons de confort, de mobilité et d’esthétisme réduit la longueur de la jupe au-dessus du genou. Avec ces jupes « mini », en référence à la Mini Cooper, les femmes peuvent désormais marcher sans entrave. La volonté de la styliste est double, libérer la femme tout en la sexualisant, selon ses propres mots : « Le message est : ‘Je suis très sexy, j’aime le sexe et je suis provocante, mais tu devras mettre le paquet pour pouvoir être avec moi’. Maintenant, c’est la femme qui décide. » (Mary Quant).

Brigitte Bardot en robe courte (minijupe).

            Pour la professeur Véronique Pouillard : « La réaction des hommes dans les rues est une réaction de prédateurs sexuels. De la part des femmes, c’est plutôt une réaction de dépit ou d’étonnement. Le regard masculin se cristallise comme étant problématique et difficile à vivre. »  Pour la journaliste du Figaro Eugénie Bastié, le terme « républicain » est devenu « le cache-sexe de toute affirmation culturelle ou morale en démocratie libérale ». Ici, on pourrait dire « décente », car c’est bien le sens ». En effet, symbole de libération des femmes dans les années 1960, la minijupe est aussi vécue comme aliénante par une nouvelle génération de femmes et interroge le regard masculin. L’interrogation est double : Doit-on porter des vêtements qui à l’origine ne sont que volonté d’érotiser les corps au service de l’homme ? Ou au contraire cette érotisation vient-elle d’un regard porté a posteriori ?

Quoi qu’il en soit, les sixties sont une période charnière, une révolution au regard de l’histoire de la pudeur. En 1963, le collant est inventé grâce à une nouvelle fibre, l’élasthanne. Les femmes étaient donc plus à l’aise vis-à-vis des jupes courtes si elles portaient un collant pour couvrir leurs jambes. Mais d’un autre côté, la mini-jupe excluait les femmes au physique plus généreux, avec de larges hanches et des fessiers imposants. Le duo jupe-pantalon a donc été au cœur du débat depuis plusieurs siècles. L’un cache, l’autre montre alors la notion de choix est chère à un grand nombre de femmes depuis les sixties. Cela montre le refus de s’enfermer dans un seul style et ce n’est pas étonnant si, encore aujourd’hui, la jupe envahit l’actualité comme c’est le cas avec l’utilisation de l’expression « tenue républicaine »[2]Terme utilisé en réponse des jupes et pour beaucoup des crop-top par le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer. Aujourd’hui, le pantalon semble être le vêtement de prédilection des jeunes filles car c’est un vêtement sûr qui permettrai d’éviter certaines agressions tandis que la jupe est considérée comme « provocatrice ». Une généralité que la nouvelle génération cherche à contredire en multipliant le port de jupes et robe.

 

Ni putes ni soumises

            Même au 21ème siècle, être féminine c’est « faire pute ». De nombreux « incidents »[3]Terme utilisé par Christine Bard dans son livre afin de désigner les agressions sexuelles. dans les quartiers pousseront Fadela Amara à créer l’association Ni putes ni soumises. De nombreuses filles choisissent alors de revendiquer leur féminité puisque, dans les quartiers, si une fille a le malheur de porter une robe elle est aussitôt assimilée à une « fille facile » et insultée. Tous les vêtements associés à une sexualité adulte sont proscrits car interprétés comme des signes de provocation sexuelle. Beaucoup de jeunes filles choisissent donc de ne porter que des jeans et des baskets pour ne pas être associées à des prostituées. Cette tenue passe-partout est une sorte de refuge pour ne pas subir des réflexions voire pire. Dans ce contexte, Ni putes ni soumises soutient que la jupe est un vêtement militant. Nombreux sont les politiques à s’être emparés du débat sur l’habillement des femmes, comme c’est le cas pour Nicolas Sarkozy qui dénonce « ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ». L’association ne fait donc pas l’unanimité car elle favorise la « récupération raciste » de la cause des femmes au bénéfice du pouvoir.

            De fait, il est important de comprendre que toutes ces questions que soulèvent l’Histoire, tout ces changements, investissent la société et en ce sens, ne concernent pas uniquement l’histoire mais bien d’autres domaines.

 

Question sociétale

 

Des initiatives sociales

 

Sondage IFOP, « Qu'est ce qu'une "tenue correcte" au lycée »

            Après la polémique sur la « tenue républicaine », l’Ifop a recueilli l’avis de 2000 personnes sur ce que serait une tenue « correcte » pour les lycéennes. Ces personnes ont donné leur avis sur le « no bra »[4]Le fait de ne pas porter de soutient-gorge ou encore sur le « crop top »[5]Un tee-shirt court laissant apparaître le nombril, et la majorité des interrogés considère qu’il est impensable qu’une adolescente s’habille de la sorte au lycée. Ce sondage a déchaîné les passions sur Twitter car considéré comme affligeant et sexiste. En effet, les dessins choisis par l’Ifop afin d’illustrer les vêtements ont été très critiqués car hypersexualisés, réduisant les jeunes filles à une jupe et des seins. Le sondage est, en effet, plutôt engagé et commandé par le magazine Marianne. Pour la rubrique des « crop top » qui, à la base, n’est qu’un t-shirt court, le pictogramme choisi montre une fille en petite culotte ce qui n’a donc aucun rapport, semblant vouloir influencer l’opinion des personnes interrogées. De plus, les pictogrammes présentent tous des femmes aux formes généreuses, laissant peu de place à la diversité et reproduisant l’idéologie patriarcale qui domine aujourd’hui. L’Ifop s’est défendu en soutenant que le sondage était pertinent car « correspondant au cœur des revendications du mouvement » et qu’ils s’étaient contentés d’utiliser des pictogrammes par défaut.

Extrait du dossier de présentation du sondage de l’Ifop.

« Des garçons québécois portent une jupe à l’école pour protester contre le sexisme en cours » , Ouest France

            Pour répondre à l’hypersexualisation du corps féminin au cœur du code vestimentaire au lycée, plusieurs garçons québécois ont décidé de porter des kilts, sortes de jupes écossaises, dans leur établissement scolaire. En effet, il est fréquent que des filles se fassent sortir de leurs cours à cause de la taille de leur jupe, ou qu’on leur fasse des remarques. L’inégalité est présente au sein de l’écosystème scolaire puisque les filles ont plus de restrictions concernant l’habillement, ce qui explique la réaction des jeunes hommes qui affichent leur soutien à leurs camarades. L’école se doit d’être un lieu bienveillant qui prépare les adolescents à la société, c’est donc pourquoi, en toute logique, elle devrait s’adapter à cette société selon les jeunes québécois.

 

Des normes sociales

 

Les normes de la pudeur et du correct 

            La question de la tenue vestimentaire touche beaucoup le cadre scolaire. En effet, la détermination de « tenues adaptées » ou « correctes » par les règles et les employés d’un établissement donne à l’école une place particulière : soit elle se fait le passage préparatoire à la vie en société toujours très normée, soit elle tente de s’affirmer comme lieu d’expression des choix et des libertés des individus avec un minimum de contraintes. Ce sont deux positions qui ressortent de l’interview de Didier Georges, principal d’un collège en région parisienne, et de Ludivine Demol, chercheuse sur la construction du genre et professeur des universités. Pour Didier Georges, l’école « a vocation à former les élèves à ce qui arrive après » c’est-à-dire les préparer à une société dans laquelle l’habit fait le moine, une société où les normes vestimentaires sont encore confortablement installées dans les institutions et les entreprises. Pour Frédéric Monneyron, historien sur vêtement, l’habit « fait même les sociétés » et « permet autant de se distinguer que de rentrer dans un groupe social, par imitation »

            Si cette vision semble plutôt pragmatique, réaliste, elle soulève tout de même plusieurs questions : est-ce qu’elle ne devrait pas justement être un lieu où chacun apprend à réfléchir, critiquer et choisir, apprend à exercer son libre arbitre ? Doit-elle être le lieu d’apprentissage des normes ? Ne pourrait-elle pas être le lieu où il est appris aux élèves à déroger à certaines normes notamment dans une visée plus égalitariste et inclusive ? L’école est le lieu où sont formés les prochaines générations et pour cela elle semble être aussi importante dans la construction de l’individu pour qu’il puisse être intégré en société que dans la construction d’individus libres de leurs choix et capables de lutter contre certaines discriminations. Ludivine Demol prend l’exemple de son piercing porté à l’université. Son but est de montrer que ses compétences dépassent la manière dont elle s’habille et que justement l’habit ne doit pas faire le moine. 

            Par ailleurs, il semble contradictoire qu’une école républicaine égalitaire exige des individus des normes vestimentaires différentes en fonction du genre. Les jugements portés sur la longueur d’une jupe ou d’un crop top relève à la fois d’une question socio-politique – qui a la légitimité de juger et donc de poser des normes référentielles ? – d’une question sociale – quand finira-t-on de choisir ce qu’une femme peut ou non porter ? – mais aussi d’une question de génération. En effet, selon Daniel Marcelli, pédopsychiatre, les jugements portés sur les tenues des jeunes filles adolescentes notamment viennent aussi d’un décalage générationnel. Il explique que les nouvelles générations ont une approche différente de leurs corps, sont plus à l’aise avec lui et, en cela, le montrer ne vient pas forcément d’une « volonté séductrice ». Nous pourrions rajouter que quand bien-même elle serait « séductrice » le choix reste celui de l’individu, même si le cadre scolaire n’en est pas forcément le lieu le plus adéquat. D’ailleurs, si le crop top fait autant débat c’est bien parce qu’il se cogne à certains principes de pudeur installés depuis longtemps. Le nombril devient objet érotique parce qu’il était autrefois caché. Les nouvelles générations notamment posent ainsi la question de ce que l’on peut dévoiler du corps, repoussent les limites qui étaient établies par d’autres modes. La deuxième question qui se pose alors est qu’est-ce que la société accepte de voir des corps ? Il s’agit véritablement de la question de la normalisation des individus selon des référentiels de mode qui appartiennent à différentes générations et moments de l’histoire.

 

Le vêtement joue-t-il un rôle dans la construction d’un individu ?

            Avec la polémique sur le port du crop top à l’école, nous finissons par nous interroger sur les liens qu’entretiennent les adolescent.e.s, dans ce moment de construction de l’identité, avec les vêtements qu’ils portent. L’élément majeur à noter que nous apporte Jennyfer Thiault, normalienne et auteure de Tous pareils ? Mode et libertés, est que, de la même manière que l’adolescence est une période de remises en causes des normes établies, la mode se fonde sur un questionnement et un renouvellement permanent. Dans la mesure où tout est porteur dans la vie sociale, comme l’expliquait Barthes, le vêtement l’est aussi et donc il est finalement plutôt logique que la période de nos vies la plus marquées par ce renversement des normes soit accompagnée par un renouveau de la tenue vestimentaire, par des choix individuels. Ludivine Demol ajoute d’ailleurs que l’adolescence est une période de construction de l’identité où l’on se cherche, où l’on tend autant à s’intégrer qu’à se distinguer et en cela l’invention de nouvelles règles et normes est essentielle. Finalement, le port de nouveaux vêtements comme le crop top n’apparaît pas seulement comme la dérogation à des normes sociétales et politiques mais aussi comme une continuation logique, un renouvellement censé de la mode avec les générations.  D’autre part, ce qui est assez paradoxale c’est le regard que peuvent porter des adultes sur les nouvelles manières de s’habiller des adolescents alors même que ces derniers puisent leurs idées dans une consommation culturelle produite à 70% par des adultes. Ainsi, le renouvellement de la mode s’accorde avec certains jeunes qui défies les codes, pour en affirmer de nouveaux, en puisant dans ce qui est produit culturellement parlant par des adultes. Finalement la construction des individu.e.s semble se fonder sur des allers-retours : celui entre les générations, celui entre les modes, celui entre les choix personnels et les choix conditionnés par la société, celui entre la perception que les adolescents ont de leurs corps et le regard que la société portent sur eux. 

            Dans cette construction intervient aussi l’imitation des comportements des adultes. Un jeune garçon ou une jeune fille peut tenir des propos misogynes où se référer à des valeurs conservatrices quant à l’approche du corps féminin parce qu’il voit d’autres le faire (par exemple, désigner une fille portant une mini jupe par le délicat terme de « salope »). La question de l’éducation est à nouveau soulevée en tant qu’elle transmet des normes discriminatoires mais qu’elle doit apprendre à bouleverser ces normes pour tout simplement faire progresser la société.

 

Pour une tenue républicaine c’est-à-dire féministe

            Avec cette polémique, nous avons aussi vu surgir des propos féministes de la part des plus jeunes. Ludivine Demol souligne la politisation impressionnante chez les jeunes qui se fait de plus en plus tôt. En cela, le port du crop top n’est pas seulement une question du port libre d’un vêtement face à une société normative mais c’est aussi une protestation féministe face à une société patriarcale. Il s’agit d’une affirmation du droit à montrer son corps mais aussi du droit à ne pas le cacher c’est-à-dire à ne pas obéir à des préceptes de domination masculine

 

Finalement, le vêtement doit-il avoir un genre ?

            Le combat qui est mené par les adolesecent.e.s face aux propos de Bruno Lemaire apparaît de manière concordante à une libéralisation du vêtement chez les hommes aussi. En effet, le libre choix du vêtement porté atteint même les barrières autrefois imposées entre les genres et les font heureusement éclatées. Les photos du chanteur Harry Style en couverture de Vogue[6]voir « Harry Styles crée la polémique en faisant la couverture de “Vogue” en robe » , Magazine Flair, 20/11/2020 dépassent les codes genrés insufflés à la mode . En plus d’être une véritable revendication de la liberté à s’habiller ces photos permettent de déconstruire les principes de « masculinité » et « féminité » qui s’attachent à l’apparence.

Harry Style, pour le magazine Vogue.

Ces photos mettent à mal le vieux concept dévastateur de virilité pour permettre de démocratiser le vêtement et par la même occasion lutter contre la pression sociale pour porter tel ou tel sorte de tenue. Dans une interview chez Libération[7]Cordélia Bonal, « La jupe, après avoir été symbole du sexisme, peut-elle devenir celui de l’antisexisme? » , Libération, 25/11/2010, Christine Bard s’exprime sur le port de la jupe par les hommes. Son discours peut se résumer à ce paragraphe : 

« Des hommes réclament de pouvoir eux aussi porter une jupe. Un gag ou une vraie revendication d’égalité des sexes ? Cela n’a rien d’une blague. En dépit du machisme et de l’homophobie de certains, je crois que la jupe pour hommes a toutes ses chances. C’est même une tendance qui devrait se confirmer parce que les codes de genre sont moins rigides. Beaucoup d’hommes aspirent à montrer davantage leur corps, à l’érotiser. Et à conquérir de nouvelles libertés. La jupe pour homme n’est pas seulement un symbole politique d’égalité mais aussi une envie de pouvoir varier les plaisirs. C’est pourquoi je défends la mixité de la jupe, et me méfie du droit à la féminité, qui peut se transformer en devoir de féminité. En revanche, militer pour le droit à la parure sans distinction de sexe ou de genre est une des manières d’en finir avec le régime vestimentaire bourgeois hérité du XIXe siècle »

Plus récemment, Konbini a publié une interview dont le titre était « Je suis un homme hétérosexuel et j’adore porter des jupes et des talons hauts ». Même si Mark Bryan différencie vêtement féminin de vêtement masculin, il apporte, comme Harry Style, un nouveau regard sur la tenue vestimentaire. Finalement, que ce soit par le mouvement du lundi 14 septembre[8]#lundi14septembre, mouvement lancé sur les réseaux sociaux appelant les lycéennes à s’habiller de manière dite provocante pour dénoncer le sexisme ou par ces dernières photos apparues dans les médias, il est certain que les normes vestimentaires des sociétés occidentales sont malmenées, à raison, par les nouvelles générations et par l’audace de certains, pour faire changer les codes, bouleverser les ordres et libéraliser la mode.

 

Qu’en est-il de la législation ?

 

            Au sens littéral, une tenue dite « républicaine » peut renvoyer à une tenue dont le port n’est pas interdit par les lois de la République, c’est-à-dire par le droit français en général. En France, seules les lois de 2004 et 2010 interdisent de manifester ostensiblement une appartenance religieuse ou de porter le voile. La loi n°2004-228 du 15 mars 2004 sur la laïcité stipule que « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. » Selon la loi n°2010-1192 du 11 octobre 2010, « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. » Ainsi, il est actuellement interdit de dissimuler son visage dans l’espace public, de même qu’il est proscrit de s’exhiber. 

            S’agissant de l’habillement, le Code de l’éducation proscrit uniquement, « dans les écoles, les collèges et les lycées publics », le « port de signes ou [de] tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » (article L. 141-5-1). Dans des circonstances exceptionnelles et pour des raisons d’hygiène ou de sécurité, l’établissement peut imposer le port de certaines tenues.  En revanche, aucun texte ne donne une définition précise de l’expression « tenue républicaine ». C’est une notion politique sans fondement juridique et encore moins juridictionnel. Selon le ministre de l’Éducation nationale, les élèves doivent s’habiller « normalement ». Or, personne n’est capable de définir précisément ce que signifie la norme en matière de code vestimentaire. Pour l’avocate Valérie Piau, « Le cadre juridique sur les ‘tenues correctes’ reste assez flou ». Ainsi, la loi ne définit pas ce qu’est une tenue appropriée dans le cadre scolaire et ne prévoit rien en la matière. 

            L’appréciation des tenues des élèves est à la charge de l’établissement. En effet, le contrôle des tenues vestimentaires relève de la compétence des règlements intérieurs de chaque établissement scolaire. On retrouve par le biais des règlements intérieurs, les différentes injonctions et interdictions vestimentaires. A partir de ces textes, qui sont établis avec des représentants du personnel, des parents d’élèves et des élèves, les directeurs d’établissements distinguent ce qui est toléré de ce qui ne l’est pas. La mesure fait alors l’objet d’une concertation collégiale puis elle est votée par le conseil d’administration de l’école composé du corps enseignant et des parents d’élèves. Pour s’assurer qu’il n’y a pas d’abus, chaque décision est soumise à un contrôle de légalité par les services de l’éducation nationale. Les règlements sont « examinés et votés par le conseil d’administration, puis transmis au recteur d’académie ». En l’absence d’une liste écrite qui répertorie les vêtements interdits, le caractère « correct » relève de l’appréciation des personnels qui peuvent sanctionner les élèves si le règlement intérieur le permet. Les règlements intérieurs sont généralement vagues et imprécis et varient d’un établissement à l’autre. En ce sens, la liste des autorisations et des interdictions est fluctuante et toutes ces imprécisions donnent lieu à l’interprétation. En cas de litige entre une famille et un établissement, il est possible de saisir le rectorat, qui, dans l’hypothèse d’un désaccord avec la pratique de l’établissement, pourra le contacter pour l’inviter à changer le règlement. Dans les établissements privés, la liberté vestimentaire y est plus restreinte et d’autres règles sont applicables. Selon le sociologue Jean-François Amadieu : « Il y aura toujours une difficulté à définir ce qu’est une ‘tenue non républicaine’, ‘incorrecte’, ‘indécente’. Cela supposerait des règlements intérieurs beaucoup plus précis. Cela vaut pour les établissements scolaires mais aussi, d’ailleurs, pour la vie en entreprise. »

            Cependant, si l’on replace l’expression employée par le ministre dans son contexte, on constate qu’elle ne s’inscrit pas dans une perspective juridique. En effet, Jean-Michel Blanquer, affirme le 21 septembre 2020, sur l’antenne de radio RTL, qu’il « est important d’arriver à l’école dans une tenue correcte », appelant à ce que la « sobriété » vestimentaire soit appliquée à l’école, au collège et au lycée, et précisant que « chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine ». A travers ces propos, le ministre de l’éducation nationale renvoie davantage à d’autres notions qui sont celles de l’acceptabilité ou de l’admissibilité d’une tenue au sein de l’institution. Le message qui est passé ici s’apparente à une leçon sur le respect, sur la vie en collectivité, sur l’importance de faire la différence entre une tenue personnelle et une tenue que l’on peut porter dans un établissement scolaire. Par conséquent, il appelle à une certaine forme de décence qui sous-entend que la tenue ne doit pas aller à l’encontre des codes sociaux et donc à l’encontre d’une certaine forme de morale. Par ailleurs, appeler des collégiens et des lycéens à respecter une forme de morale républicaine ne contribue ni à la clarté ni à la cohérence. 

            Selon Louis le Foyer de Costil, avocat spécialisé en droit de l’éducation, « le principe de la liberté vestimentaire, qui découle de la liberté d’expression et du droit à la vie privée, doit être respecté. Les interdictions ne doivent pas être guidées par une volonté de fixer un ordre moral. Elles sont fondées sur le risque d’un possible trouble, mais ne peuvent découler d’un raisonnement sexiste. Par exemple, le port d’une mini-jupe ou d’un décolleté doit être autorisé, pas celui d’un string. » 

            Cette polémique reflète une confusion entre le droit et la morale. En effet, un mélange entre les règles de droit et des opinions autour de ce qui est moralement et socialement acceptable s’est opéré. Il est incontestable que les règles de droit doivent être respectées puisque ce sont elles qui, par essence, règlent le statut des personnes et des biens. Or, ici, il s’agit davantage d’une vision partagée sur ce qui est acceptable ou non. Les codes sociaux sont différents d’une région à une autre, d’une classe sociale à une autre ou d’une génération à une autre. En effet, alors que pour certains, porter un crop-top ou une mini-jupe n’est pas un sujet de discussion, pour d’autres, cela ne tombe pas sous le sens. Par ailleurs, les référentiels ont changé dans la mesure où une « tenue correcte » en 1980 ne s’apparente pas à la même tenue en 2020.  

            La mode évolue et chez une grande majorité de jeunes, porter un jogging ou un jean troué n’est pas socialement blâmable, or, dans certains établissements scolaires ces vêtements sont interdits. La confusion entre ce qui est prévu par le droit d’une part, et ce qui est recommandé d’un point de vue purement moral ou social d’autre part, existe depuis très longtemps. Dans les discours politiques, le qualificatif « républicain » est régulièrement employé pour désigner ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas au sein de la société. Le port de signes religieux et notamment celui du port du voile est souvent associé à cette terminologie pour affirmer son port ou au contraire le dénoncer. Le jeudi 17 septembre 2020, des députés ont décidé de quitter l’hémicycle en signe de protestation parce que la vice-présidente d’un syndicat étudiant portait le voile ; celle-ci étant conviée pour une audition et respectant pleinement le droit en vigueur. Rappelons que la France est un État de droit qui garantit à chacun de pouvoir exprimer son individualité tant que les actes ne portent pas atteinte à autrui. Le respect des règles de droit est la seule obligation qui incombe à chaque citoyen. Or, certaines positions contribuent à faire de la République et de ses valeurs une forme de morale pouvant entrer en concurrence voire en contradiction avec le cadre juridique en tant que tel. Ainsi, certaines situations et débats laissent place à une confusion entre ce que permet le droit et ce qui est recommandé, encouragé, réprimé moralement ou socialement et dont le contenu est par nature insaisissable. La réprobation morale ou sociale dans les discours conduit donc à une confusion empêchant des débats nécessaires d’aboutir.

 

En Conclusion…

 

En somme, si le vêtement a toujours été source de scandales les raisons de ces scandales ont évolué à travers les époques : aujourd’hui on parle du crop-top, avant c’était de la mini-jupe et il y a deux siècles c’était le port du pantalon au féminin. Généralement impulsées par les jeunes et les mouvements féministes (et à la suite LGBTQ+), les tenues « qui dérangent » sont un moyen de revendiquer un besoin d’expression et un besoin de changement. De fait, ces tenues permettent de faire bouger les choses, de casser les codes.

Si la lumière est aujourd’hui mise sur les tenues des jeunes filles notamment dans les écoles, quant à savoir si le haut de cette collégienne est acceptable ou non, ne devrions-nous pas d’abord nous demander à quel moment notre société a commencé à sexualiser les jeunes filles ? Tout bien réfléchi, qu’est-ce qu’une tenue décente sinon qu’une tenue qui dérange au vu de sa marginalité ou de son caractère dénonciateur? En fait, si les débats autour des tenues cristallisent la société c’est justement car ils menacent de la chambouler. Les tenues sont porteurs de grands combats tel que le droit au pouvoir pour les femmes ou l’abolition des codes vestimentaires genrés.

Quant à l’utilisation du terme « tenue républicaine », ce dernier témoigne de la force de la langue française, et de la rhétorique en général, au sein de nos sociétés. L’utilisation du terme très vague « républicain » relève justement de cette volonté d’agir sur la société en permettant de laisser suffisamment de place au débat sans pour autant en donner une réponse concrète. Finalement, le débat autour des tenues des collégiennes et lycéennes a tout autant été créé par les tenues que par la rhétorique qui a été choisit pour en parler.

Entre nous, heureusement que Amelia Bloomer ne s’est pas arrêtée aux débats et aux critiques de sa société pour porter ses pantalons.

 

 

Bibliographie

Auteurs

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Notes

1 Période qui s’étend de la fin du xixe siècle au début de la Première Guerre mondiale, marquée par de nombreux progrès dans divers domaines et notamment sociaux
2 Terme utilisé en réponse des jupes et pour beaucoup des crop-top
3 Terme utilisé par Christine Bard dans son livre afin de désigner les agressions sexuelles.
4 Le fait de ne pas porter de soutient-gorge
5 Un tee-shirt court laissant apparaître le nombril
6 voir « Harry Styles crée la polémique en faisant la couverture de “Vogue” en robe » , Magazine Flair, 20/11/2020
7 Cordélia Bonal, « La jupe, après avoir été symbole du sexisme, peut-elle devenir celui de l’antisexisme? » , Libération, 25/11/2010
8 #lundi14septembre, mouvement lancé sur les réseaux sociaux appelant les lycéennes à s’habiller de manière dite provocante pour dénoncer le sexisme


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