Le langage inclusif

Le langage inclusif

Notre Manuel d’écriture inclusive (en format Word, les bonus audio) en téléchargement

Introduction

“Ols citoyols de Poitiers manifestèrent contre los lois totalitails du gouvernement françail.” Ou comment supprimer toute manifestation d’un genre quelconque dans la langue. Cette phrase est librement inspirée du travail du collectif Bye Bye Binary. Un collectif qui se définit comme : “une expérimentation pédagogique, une communauté, un atelier de création typographique variable, un réseau, une alliance” qui cherche à « mieux représenter les différents genres et dépasser la binarité des genres féminin/masculin, avec l’usage de signes de ponctuation é·e et de formes hybrides comme «iel»…”. Et, cette nouvelle langue, ces nouvelles manières d’orthographier des mots, s’inscrivent dans ce qui est appelé l’écriture inclusive”. 

L’écriture inclusive, c’est un mouvement, principalement représenté dans les sphères féministes et queer, qui cherche à répondre à une volonté d’adéquation des usages linguistiques à la réalité des femmes ou des personnes queer. Ou une langue qui cherche à représenter les corps oubliés par le langage, qu’ils soient féminins ou queer

L’écriture inclusive commence par un constat : la langue est sexiste. La fameuse règle connue de tou.te.s “le masculin l’emporte sur le féminin”, le masculin dit “générique”, les règles de l’Académie française priorisant l’utilisation du masculin… La langue est porteuse du sexisme de la société. 

Et cette langue a une action sur le réel : la sur-représentation des hommes et l’invisibilisation des femmes et autres minorités de genre. En effet, avoir la possibilité de nommer une chose lui donne une existence réelle. Et inversement, l’impossibilité de nommer cette chose nie sa réalité, complexifie sa représentation. Par exemple, si le terme de “maîtresse” n’existe que pour désigner la femme célibataire ayant des relations avec une personne impliquée dans une relation exclusive, la maîtresse que l’on croise devant les écoles n’existe pas. Il n’est pas possible de désigner ce qu’elle fait. Elle est, à la limite, “une femme maître d’école”. Et, cette utilisation du masculin comme générique, empêche la possibilité pour les personnes utilisant des accords féminins de se projeter dans la position, dans le métier. Par exemple, l’inexistence du terme de “présidente” entraîne une difficulté à s’imaginer présidente. De plus, le masculin générique crée une omniprésence du masculin, qui devient la norme, la base, le supérieur. 

Face à ces constats, l’écriture inclusive cherche à faire de la langue un lieu de représentation de tou.te.s, sans discrimination basée sur l’identité de genre. 

Nous avons cherché à considérer de façon historique la langue française et ses règles plaçant en état de supériorité les accords au masculin. Nous avons également tenté de faire une liste, non-exhaustive, des formes que peut prendre l’écriture inclusive et ses utilisations. De plus, nous avons cherché à montrer qu’une forme d’institutionnalisation du langage inclusif est possible en relevant une entrée progressive dans l’espace public. Enfin, nous avons tenté d’internationaliser notre approche en cherchant quelle forme prenait l’écriture inclusive en anglais, espagnol, portugais, italien et allemand. 

Finalement, en remarquant que l’intégralité de notre travail constituait uniquement en  une approche grammaticale écrite, nous avons cherché à réfléchir sur l’adaptation à l’oral et les formes vocales que peut prendre les nouvelles formes plus ou moins complexes que peut prendre cette écriture. 

Le tout pour fabriquer un petit manuel sur l’histoire, les utilisations et l’oralisation du langage inclusif. Nous proposons également quelques exercices aux lecteur.ice.s, pour s’habituer et réfléchir à une utilisation plus fréquente de l’écriture inclusive

Voici une bibliothèque sélective de nos sources d’appui :

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