Le Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens

Le Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens

L’empire de Lilliput avait bien changé depuis que Gulliver était parti. L’étude des artefacts qu’il avait ramenés de son XVIIIème siècle avait permis aux équipes scientifiques de faire des découvertes ubuesques en quelques années seulement. Délaissant la combustion des bois de chauffage, les lilliputiennes et les lilliputiens étaient passé.e.s au charbon puis au pétrole. Leur quotidien avait été bouleversé par une hygiène croissante et un allongement de leur espérance de vie. En outre, les ouvriers lilliputiens et les ouvrières lilliputiennes s’étaient progressivement organisé.e.s pour former des mouvements sociaux, qui avaient progressivement permis une démocratisation du régime. L’impératrice de Lilliput avait conservé ses fonctions au prix de transition vers un empire constitutionnel. L’Assemblée des Lilliputiennes et Lilliputiens nouvellement élue au suffrage universel direct et paritaire avait désormais un rôle majeur dans la vie du pays, servant de conseil de conscience pour l’impératrice. Parallèlement à cette évolution de la vie sociale et politique qui avait apporté l’espoir d’une vie meilleure à Lilliput, une industrialisation croissante et incontrôlée avait engendré des conséquences néfastes sur l’écosystème. L’extraction et la combustion des énergies fossiles avaient noirci le ciel lilliputien. Les animaux, si abondants au temps de Gulliver, s’étaient fait de plus en plus rares dans les parages. Les individus solitaires avaient été capturés et entassés dans des cages, dans le but de créer des élevages intensifs permettant de combler les besoins carniers croissants des lilliputiennes et des lilliputiens. De même, le savoir-faire agricol traditionnel lilliputien avait été progressivement remplacé par une agro-industrie de masse. Cela n’avait toutefois pas empêché – et avait même conduit – au développement de la famine et de la malnutrition à Lulliput. Les récoltes jadis prospères avaient en effet épuisé toute leur fertilité florale à force d’arrosage translucide en engrais pétrochimiques. Le carnage sauvage de l’écosystème lilliputien avait également impacté la faune, dont la diversité diminuait à mesure que la taille et la spécialisation des industries se renforçaient. Le bilan de cette ère post-gulliverienne était clair : les nouvelles élites pétro-agro-industrielles s’étaient enrichies, alors que le peuple subissait chaque jour les externalités du nouveau paradigme dominant à Lilliput, celui d’une manière de penser et de voir la nature comme une ressource infinie. La vie rêvée des Lilliputiennes et des Lilliputiens ne correspondait absolument pas à la description que Gulliver leur avait faite du progrès. Des conflits émergèrent progressivement dans l’empire, entre les partisans d’un retour vers l’époque pré-gulliverienne – les « pré-géantistes » – et ceux qui prônaient la modernisation comme inéluctable qu’elles qu’en soient les conséquences – les « néo-géantistes ». Le pays, autrefois uni contre Gulliver, était désormais un monde manichéen divisé entre un révisionnisme et un progressisme aussi extrêmes l’un que l’autre. 

Pourtant, un savant lilliputien luttait encore intellectuellement pour que ne prédominent pas les aspects péjoratifs de la « gulliverisation » de Lilliput. Sociologue, lilliputopologue et philosophe des sciences lilliputiennes, Nabour Trulo avait été le créateur et directeur de nombreux programmes à l’École Lilliputienne Supérieure de Sciences Politiques et Sociales, qui formait la majorité des parlementaires de l’Assemblée lilliputienne. Il avait été l’auteur d’une farandole de livres qui peuplaient la bibliothèque de l’impératrice de Lilliput. Cette dernière avait été particulièrement transcendée par l’ouvrage Umm batela, qui pourrait être traduit pour le lecteur par « Où débarquer ? ». Depuis longtemps, l’une des cibles favorites de Nabour Trulo était en effet le progressisme et le régressionisme gulliverien: ces bruyantes réactions que plusieurs siècles de pratique ont retournées en tradition lilliputienne, et qui ont toutes deux générées de fâcheuses habitudes de penser qui ont fini par bloquer toutes possibilités de réel changement au sein de Lilliput. Selon Nabour Trulo, le pays ne pourra pas s’en sortir en cherchant à retourner en arrière au temps pré-Gulliverien. Le Géant qui s’est échoué sur la plage a fondamentalement changé la vie des citoyennes lilliputiennes et des citoyens lilliputiens, et il est désormais impossible et même dangereux pour la civilisation de retourner en arrière en faisant comme si rien ne s’était passé. Inversement, se borner à suivre la voie d’une société post-gulliverienne serait un fourvoiement dans un progressisme intenable pour Lilliput. Il ne bénéficierait que sur le court terme aux élites gulliveriennes, qui fuiraient in fine le pays pour aller vers d’autres contrées lorsque la situation insoutenable, notamment la terre de Gulliver perçue comme un idéal. Nabour Trulo avait ainsi théorisé l’opposition entre le pré-gulliverisme et le post-gulliverisme, dans laquelle les Lilliputiennes et les Lilliputiens se fourvoieraient, qu’iels soient tenants de la fuite en avant ou du retour en arrière. Pour lui, s’était répandue dans Lilliput une entreprise systématique pour nier l’existence de la mutation climatique engendrée par l’arrivée Gulliver – « climat » est pris ici au sens très général des rapports des Lilliputiennes et des Lilliputiens à leurs conditions matérielles d’existence. La Cheffe Suprême de Lilliput était fascinée par cette pensée qu’elle voyait comme la seule manière de résoudre la situation de son pays. Elle avait ainsi fait graver sur le portail du Palais Impérial la phrase : Oup navi tra gulivari (« Nous n’avons jamais été gulliveriens »). Mais elle n’avait jamais été jusqu’à convertir les pensées de Nabour Trulo en politiques publiques de peur de perdre le soutien des élites lilliputiennes, son trône impérial étant un siège éjectable à la détente facile.

            Un après-midi de Karpentis (été) à Lilliput, les températures étaient si caniculaires que le jardin central du Palais impérial prit feu. Bientôt, le brasier se répandit dans toutes les pièces. Seule, la caserne Lilliput Fire ne parvenait pas lutter face à l’ampleur de l’incendie qui menaçait de tout engloutir. L’impératrice ordonna de mobiliser toute la population. Mais l’explosion des inégalités avait créé une méfiance au sein des Lilliputiennes et Lilliputiens, qui tenaient le gouvernement impérial pour responsable de la détérioration de la vie à Lilliput. Personne ne répondit à l’appel impérial. Le lendemain matin, il ne restait du Palais impérial que son porche où la phrase Oup navi tra gulivari se percevait à peine sous la couche de suie. La Cheffe Suprême prit alors une décision inédite dans l’histoire de Lilliput : elle convoqua Nabour Trulo en le chargeant d’organiser un Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens mettant en pratique son savoir pour résoudre la situation. “Lilliput ne peut plus compter sur un géant pour éteindre le feu de son urine. Mais Lilliput n’a pas pu compter sur sa population non plus. Moi, Impératrice lilliputienne née du troisième décimètre après Gulliver, je déclare aujourd’hui que les Lilliputiennes et les Lilliputiens ne doivent plus compter sur une force gulliverienne pour les sauver. Nous devons (re)devenir Lilliputiens si nous voulons résoudre les problèmes sociétaux qui gangrènent notre empire. Moi, Impératrice lilliputienne, je déclare solennellement la mise en place du Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens.” L’impératrice fut bien sûre appuyée à l’unanimité par les parlementaires de l’Assemblée lilliputienne. Deux jours plus tard, le susmentionné Conseil se réunit avec pour mot d’ordre de construire ensemble ce que Nabour Trulo appelait « un espace de cohabitation », c’est-à-dire un nouveau paradigme socioculturel et politique qui ne serait ni pré- ni post-gulliverien, mais profondément lilliputien. L’objectif était de sortir de l’ère de la gulliverocène afin de « débarquer » sur la rive d’un pays véritablement lilliputien. Pour cela, Nabour Trulo avait réuni des équipes regroupant les plus haut.e.s savant.e.s lilliputien.ne.s afin qu’iels redéfinissent ensemble les enjeux des luttes géo-sociales à Lilliput. Dans les jours qui suivirent, chaque habitant.e de Lilliput fut convié.e à répondre à un questionnaire trulolien organisé comme suit:

  1. Dressez la liste de ce/celles et ceux dont vous dépendez pour subsister
  2. Dresser la liste de ce /celles et ceux qui dépendent de vous pour subsister
  3. Dressez la liste de ce/celles et ceux avec qui vous souhaitez collaborer
  4. Dresser la liste de ce/celles et ceux à quoi/à qui vous devez vous opposer

Le but était in fine de mettre en place un manifeste trulolien qui serait la feuille de route de la nouvelle politique lilliputienne, regroupant ce qu’il faudrait faire pour maintenir ou améliorer les conditions de vie à Lilliput. Les réponses des lilliputiennes et des lilliputiens ayant été collectées, chaque point fut attribué à une équipe de chercheuses et chercheurs lilliputologues dont les méthodes correspondaient à l’approche trulolienne. Le 30ème pouce de Karpentis, le Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens se réunit enfin en séance plénière, présidée par la Grande Impératrice et Nabour Trulo. 

La première équipe qui vint devant le Grand Conseil s’était concentrée sur l’étude de deux listes complémentaires : ce/celles et ceux dont les et Lilliputiennes et Lilliputiens dépendent pour subsister, et ce/celles et ceux qui dépendent des Lilliputiens et Lilliputiennes pour subsister. Les deux lilliputologues chargées de cette mission avaient regroupé les réponses du peuple lilliputien comme suit:

Les lilliputiennes et lilliputiens dépendent:

  • De la sphère familiale : dépendance en termes administratifs ou technologiques par exemple;
  • Des denrées concrètes répondant aux besoins primaires (la nourriture, l’eau, l’oxygène) en quantité et en qualité;
  • Des institutions de l’État, comme le ministère de l’enseignement supérieur lilliputien et la caisse de Sécurité Sociale;
  • D’un environnement naturel proche de Lilliput, comme les marais Poiteputiens, le parc Gulliver Blossac et les montagnes gulliveriennes;
  • De leurs passions/intérêts particuliers comme l’écriture d’article pour la Revue Lilliputpolitique, les voyages et le sport national (le Lilliputfit).

Ce/celles et ceux qui dépendent des lilliputiennes et lilliputiens sont:

  • Leurs animaux de compagnie : coccinelles, pucerons, abeilles;
  • Leur famille : interdépendance affective;
  • Leur écosystème intérieur : santé et condition physique;
  • Leur culture lilliputienne unique : fait de perpétuer une tradition/coutume pour ne pas la voir disparaître (ex. du patois lilliputogeais)
  • Leur environnement de vie : entretien de l’intérieur ou de l’extérieur du lieu de vie (propreté d’un appartement, entretien d’un potager).

De ces deux questions naquis l’hymne de la nouvelle ère lilliputienne:

La seconde équipe à se présenter au Grand Conseil avait également été chargée de dresser deux listes complémentaires : ce/celles et ceux avec qui les Lilliputiennes et Lilliputiens voulaient collaborer, et ce/celles et ceux à qui les Lilliputiens et Lilliputiennes voulaient s’opposer. Les deux lilliputologues qui s’étaient chargées de ces questions avaient recueilli à la sueur du Géant Gulliver (expression lilliputienne) un précieux dialogue entre deux Lilliputiennes qu’elles firent écouter à l’impératrice et à Nabour Trulo. Par chance, nous avons réussi à en retrouver une trace dans la Bibliothèque Suprême de Lilliput:

Voici les notes de travail que remirent les deux lilliputologues aux Grand Conseil:

Avec qui/quoi souhaitez-vous collaborer, Lilliputiennes et Lilliputiens?

  • Avec les personnes militant pour la défense de l’intérêt des minorités et des voix pas assez entendues à différentes échelles : les peuples indigènes lilliputiens, le peuple des confins de Lilliput, les animaux…;
  • Avec les acteurs et des actrices de la proximité à l’échelle locale : les petit.e.s producteur.rice.s (en biens alimentaires bio par exemple), les artisans (avec un savoir faire traditionnel, créatif);
  • Avec les instances politiques ou politisées : les acteur.rice.s de santé publique, les organisations, les groupes politiques, les organisations internationales notamment l’Organisation des Nations Lilliputiennes Unies pour l’éducation, la science et la culture;
  • Avec les proches : les ami.e.s, la famille, le groupe de Lilliputfit;
  • Avec les personnes qui ne se retrouvent pas dans les normes : des personnes avec des modes de pensée alternatifs, les militant.e.s féministes et pour la diversité à Lilliput.

À qui/quoi souhaitez vous vous opposer, Lilliputiennes et Lilliputiens ?

  • Au statu quo : les grandes enseignes de biens matériels et alimentaires qui soutiennent la croissance infinie, au mode économique guliverocène, aux grandes institutions financières (comme le GAFAL), aux grandes enseignes de modes (Zaraliput, H&L…);
  • Aux institutions sociopolitiques actuelles : aux gouvernements extrêmes, au système académique lilliputien;
  • Aux conventions sociales: aux préjugés;
  • À l’anthropocentrisme : à la maltraitance animale (aux abattoirs, à l’élevage de pigeons en batterie), les décideur.se.s et followers du climatoscepticisme sur notre île;
  • Aux violences socioculturelles : l’originophobie, l’amourphobie ou le genrisme, à l’exclusion.
  • Au lilliputocentrisme : à la bêtise, au découragement, au repli identitaire.

Le troisième groupe était incarné par un seul vieux penseur lilliputien, que Nabour Trulo avait chargé de regrouper les actions à mener prioritairement à Lilliput au sein du, aujourd’hui fameux, Manifeste trulolien. Nous avons réussi à en obtenir une copie exclusive:

Le manifeste trulolien

« Le feu du Palais impérial est le plus grand choc que nous, Lilliputiennes et Lilliputiens avons connu depuis l’arrivée de Gulliver il y a de ça plusieurs tabafalek [échelle de temps propre aux Lilliputien.ne.s qui se rapproche de trois siècles dans notre langage]. Loin de nous décourager, de s’apitoyer sur notre sort ou de se lamenter sur un tel événement, nous avons pris conscience que notre maison lilliputienne brûlait. Une flamme plus lumineuse que le spectre du visible, une chaleur plus accablante que le noyau lillipurestre lui-même, une calomnie plus infâme qui nous dévorait à petit feu, la fin de tout ce qui est et ce qui n’est pas. C’est pourquoi, nous, Lilliputiennes et Lilliputiens, conscient.e.s que la machine déraille dans ce capharnaüm pagaille, avons répondu à l’appel de l’impératrice salvatrice. Sous les auspices agitateurs de Nabour Trulo dans ce Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens, nous avons décidé de remettre nos conclusions sous la forme du présent manifeste. Notre espace de cohabitation est sans pareil dans l’histoire de Lilliput, et il n’y a plus de retour en arrière possible. Le mouvement trulolien inhérent à nos débats enflammés constitue la base de notre pensée. Mais je vois ici déjà les lecteurs et lectrices venir, plein.e.s d’interrogations devant cette révolution en devenir, qu’est-ce que trulolien ?

Trulolien c’est la reconnaissance que l’ère gulliverienne est allée trop loin et qu’il est fondamental, si ce n’est nécessaire, pour notre survie et celle des générations prochaines, de repenser notre futur en bonne et due forme. Trulolien, c’est admettre que nous sommes délicatement et intrinsèquement connecté.e.s à une entité impossible à contrôler, une interface plus grande même que tous les Gullivers du monde réunis, un organisme que nous devons inclure dans tous nos projets, une réalité sans pareil avec qui nous devons cohabiter. Trulolien, c’est proclamer haut et fort que si un Lilliputien ou une Lilliputienne bien aguerri.e en vaut bien mille [expression locale typique que l’on entend qu’à Lilliput], ce.tte dernier.e n’est rien sans l’inclusion de son environnement. Tous les efforts que nous prenons pour rendre notre monde plus juste et durable et toutes les réponses que nous statuons pour répondre à notre crise existentielle sont voué.e.s à l’échec s’iels ne prennent pas en compte le fait singulier des non-Lilliputien.ne.s. Trulolien, c’est affirmer la fin de l’ère gulliverocène pour bâtir un nouveau pays plus proche de ce qui nous définit en tant que Lilliputienne et Lilliputien. Il s’agit de se reconnecter avec notre être le plus profond et nos racines les plus lointaines, sans pour autant négliger les progrès apportés par les savoirs gullivériens.  Il est temps pour nous de réunir tous les extrêmes – pré-géantistes et néo-géantistes inclus- pour que triomphe l’unité participative galvanisatrice. Ainsi, trulolien, c’est arrêter de croire que la main providentielle gullivatrice pourra tout arranger, et au contraire, consentir que toutes les aiguilles ont tournés rouges. L’épuisement de l’organisation politique et économique de notre société lilliputienne s’impose à nous, comme notre écosystème s’érige en garde-fou d’une pensée autocentrée. Trulolien, c’est mettre en place un système de décroissance générale qui serait respectueux des Lilliputiennes et Lilliputiens, ainsi que de tout ce qui ne l’est pas. Trulolien, c’est aussi le poing levé, rouge révolution et vert écologique, fédérateur qui s’immisce dans les abysses du ciel pour faire entendre nos voix. Pour penser notre nouveau monde, nous, Lilliputiennes et Lilliputiens, consentons aux points suivants :  

Le mot d’ordre de toute notre pensée est d’accepter que nous ne sommes pas les seul.e.s acteurs et actrices de notre futur. Le mouvement trulolien entend ainsi instaurer un nouveau paradigme politique qui sera au fondement du grand ordre social qui préside notre écosystème et toutes nos interactions. Dans notre combat qui est la pérennisation de notre civilisation nous déclarons que toutes les entités non-vivantes possèdent une voix dans notre Assemblée lilliputienne. Les fleurs qui embaument nos jardins, les rochers sur lesquels la mer vient se jeter, les chevaux fougueux des champs de blés et plus généralement toutes les espèces terrestres, maritimes, végétales, minières et autres substances non-lilliputiennes ont aussi leur mot à dire. Plus généralement encore, l’air que nous respirons, les rayons du soleil qui réchauffent nos cœurs, le champ électromagnétique qui tient notre monde en place, toutes et tous sans exception, sont protagonistes de notre écosystème et doivent en ce sens recevoir la sacro-sainte voix politique. C’est seulement en reconnaissance de cette caractéristique si singulière qu’est l’interdépendance entre le vivant et le non-vivant que nous pourrons insuffler le réel changement nécessaire au monde de Lilliput.  

Lilliputiennes et Lilliputiens avons constaté aussi avec effroi l’accroissement général des inégalités dans une terre toujours plus maltraitée. À bas la relation dominant.e-dominé.e et vive les réformes sociales et solidaires respectueuses de l’environnement. Loin de vouloir imiter les systèmes politiques des contrées lointaines du concentralisme exacerbé, jusqu’au partage déraisonné, nous disons adieu à l’ère pétro-agro-industrielle et accueillons les bras ouverts un mode de pensée écocratique. Il s’agit de redonner du sens à nos vies et d’avoir pour mot d’ordre de nos actions quotidiennes : ‘écologie et solidarité’. Nous souhaitons changer radicalement nos habitudes de vie pour le meilleur et pour la survie. Acceptons enfin de ralentir et prenant le temps de se reconnecter à nous, avec les autres et ce qui nous entoure. 

Le poing levé par millier, nous, habitant.e.s de Lilliput déclarons que tout est trulolien. Le temps est venu pour nous de construire, ensemble, les pierres d’un nouveau monde. Alors, cher lecteur, chère lectrice, n’attends plus et rejoins-nous, dans ce mouvement transcendant abracadabrant. »

Logo de la révolution trulolienne:

Nul besoin de terminer cette histoire par un paragraphe de conclusion présentant le devenir de la nation lilliputienne après ce Grand Conseil. La révolution trulolienne a certes permis aux habitants de Lilliput de redevenir véritablement lilliputiens en ne dépendant plus d’un Géant pour leur survie. La beauté de cette expérience du Grand Conseil n’a toutefois pas été le résultat en soi, mais plutôt le processus qui a conduit les lilliputiennes et les lilliputiennes à se demander avec qui, pour qui et pour quoi elles et ils veulent vivre. L’enseignement que la lectrice ou le lecteur doit ressortir de cette histoire est donc paradoxalement une question, ou plutôt 5 questions auxquelles elle ou il devra répondre pour se réancrer dans l’écosystème, à l’instar comme les lilliputiennes et les lilliputiens:

  1. Dressez la liste de ce/ ceux dont vous dépendez pour subsister

2. Dressez la liste de ce / ceux qui dépendent de vous pour subsister

3. Dressez la liste de ce/ceux avec qui vous souhaitez collaborer

4. Dressez la liste de ce/ceux à quoi/à qui vous devez vous opposer

5. Choisissez 2 actions à mener prioritairement

Pour changer un peu des histoires traditionnelles, le récit du Grand Conseil des Lilliputiennes et Lilliputiens se finit donc par un :

THE BEGINNING (and not the end)



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