Corps maltraités

Corps maltraités
Thierry Fournier, La Main invisible #4, 2020, d’après une photographie de NnoMan, manifestations contre la réforme des retraites, Paris, 2019

La force invisible qui frappe

La main invisible est une série de 8 images numériques de Thierry Fournier, créées à partir de de photos de manifestant·es molesté·es par les forces de l’ordre prennent au pied de la lettre l’article 24, introduit dans la Loi de la sécurité globale, qui interdit la « [d]iffusion du visage ou de tout élément permettant l’identification d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de gendarmerie » (sauf son numéro d’identifiant personnel (RIO); malheureusement dissimulé la plupart du temps, comme le montrent de nombreuses vidéos prises dans des manifestations. L’artiste a donc gommé les agents des forces de l’ordres sur les photos ci-dessous. Mais pas totalement, car ils apparaissent comme des fantômes mal dissimulés et renforcés par l’effet de leur action, des manifestant·es chutant, tombant par terre, se protégeant des coups par des bras levés. Par le choix du titre, allusion à la « main invisible » du marché (Adam Smith), dont on sait qu’elle est tout sauf invisible, Fournier indique un autre aspect du binôme visible/invisible.

Les violences policières qui  « n’existent pas »[1]prenez n’importe quel membre du gouvernement qui s’est déjà prononcé sur le sujet : Macron : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont … En savoir plus existent quand même, comme le développe très intelligemment Emilie Notéris dans son livre Macronique. Les photos de Thierry Fournier le prouvent à leur manière. On parle beaucoup de guerre d’images, qu’il s’agit de gagner, comme si derrière ces images il n’y avait pas de véritable souffrance, des mutilations et séquelles physiques et psychique durables, des morts, des handicapés, donc toute une panoplie d’effets létaux et non létaux, qui, sans les images, n’existeraient pas, car toute preuve d’existence exige une trace visible, non seulement du résultat, mais de toute l’opération qui y a mené.

Violences policières en France : la bataille des images

Bibliographie sélective[2]cliquer sur les titres pour connaître les raisons de ce choix. :

Notes

1 prenez n’importe quel membre du gouvernement qui s’est déjà prononcé sur le sujet : Macron : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. » Castaner : « Il n’y a pas de police violente, il n’y a pas de police raciste » ou encore Darmanin : « Quand j’entends le mot violences policières, je m’étouffe. » propos qui est particulièrement indécent, si on pense à la mort violente de Cédric Chouvat, suite à une clé d’étranglement d’un policier – cf la vidéo jointe.
2 cliquer sur les titres pour connaître les raisons de ce choix.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *