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L’enseignement en prison

vendredi 27 janvier 2012, par Manon Thoraval

Intéressée par le milieu de l’enseignement et les inégalités d’apprentissage résultant du système éducatif français, il m’a semblé pertinent de me plonger dans le monde particulier de l’éducation en milieu pénitentiaire. Il s’agit en effet d’un milieu où la majorité des individus incarcérés sont issus de milieux sociaux difficiles ne leur ayant pas permis de suivre leur scolarité dans de bonnes conditions. Des individus qui ont donc été rapidement abandonnés par un système scolaire qui continue généralement de fermer les yeux sur les difficultés des élèves les plus démunis. J’étais donc curieuse d’observer la manière dont les enseignants agissaient face à un public ayant subi un échec scolaire important.

Cet article propose un aperçu de l’enseignement en milieu carcéral, à partir d’un stage à la direction de l’Unité Pédagogique Régionale (UPR) de Rennes, en Juin 2012. [1]

Intéressée par le milieu de l’enseignement et les inégalités d’apprentissage résultant du système éducatif français, il m’a semblé pertinent de me plonger dans le monde particulier de l’éducation en milieu pénitentiaire. Il s’agit en effet d’un milieu où la majorité des individus incarcérés sont issus de milieux sociaux difficiles ne leur ayant pas permis de suivre leur scolarité dans de bonnes conditions. Des individus qui ont donc été rapidement abandonnés par un système scolaire qui continue généralement de fermer les yeux sur les difficultés des élèves les plus démunis. J’étais donc curieuse d’observer la manière dont les enseignants agissaient face à un public ayant subi un échec scolaire important.

 La place de l’UPR au sein de l’Administration pénitentiaire (AP)

J’ai passé la majorité de mon temps de stage dans le bureau de la direction de l’UPR, lui-même situé dans les locaux de l’administration pénitentiaire inter-régionale.
Cette localisation n’est pas anodine ; elle soulève un problème majeur : celui de l’indépendance du ministère de l’éducation vis-à-vis de l’administration pénitentiaire. Il m’est ainsi apparu à plusieurs reprises que l’UPR dans cette structure, tout comme les enseignants dans les centres pénitentiaires, étaient soumis à une suspicion permanente, certainement due au statut d’intervenant extérieur au système pénitentiaire. Chiffres et statistiques, véritables obsessions de l’AP, sont incessamment réclamées à la direction de l’UPR pour qui le remplissage de tableaux est une activité chronique.
Cette demande de chiffres résulte en grande partie de la vision assez restrictive que les membres de l’AP ont des détenus : sécurité (pour les intervenants et les personnes en détention) et prévention des suicides - qui continuent de dégrader l’image du système pénitentiaire – restent sans conteste leurs priorités. Même si la réinsertion est un objectif officiel, on constate dans les faits que peu de moyens sont mis à disposition pour la préparer efficacement.
Les enseignants doivent ainsi se plier à des normes de sécurité très strictes, qui affectent parfois leurs méthodes pédagogiques. Aussi, dans plusieurs centres pénitentiaires de la région, les contrôles drastiques des services informatiques pénitentiaires empêchent l’utilisation de logiciels permettant aux élèves de travailler en autonomie.

Notes

[1L’UPR de Rennes réunit l’ensemble des structures d’enseignement de l’Education Nationale dans les établissements pénitentiaires des régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire.

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