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Les écoles de journalisme, laboratoires de nouvelles pratiques ?

Compte rendu d’un atelier des Assises du journalisme 2011

lundi 16 janvier 2012, par Hoel Cumunel

Atelier animé par

  • Emmanuel Vandamme, directeur du Pôle numérique de l’ESJ Lille.
  • Hervé Demailly, responsable du Master journalisme du CELSA Paris
  • Christophe Deloire, directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris,
  • Agnès Chauveau, directrice de l’Ecole de journalisme (EDJ) de Sciences Po Paris,
  • Nathalie Pignard-Cheynel, directrice de l’EJDG Grenoble,
  • Nicolas Sourisce, directeur de l’EPJT Tours,
  • Marie-Christine Lipani-Vaissade, maître de conférences et responsable des stages et des remplacements d’été à l’IJBA Bordeaux,
  • Eric Nahon, responsable pédagogique à l’IPJ Paris,
  • Rémy Le Champion, directeur adjoint du Master de journalisme de l’IFP Paris,
  • Christophe Gimbert, responsable du DUT journalisme à l’IUT de Lannion,
  • Marc Mentré, directeur des études à l’ École des métiers de l’information (EMI-CFD),
  • Christian Garitte, président de la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi des Journalistes (CPNEJ).

Atelier des Assises

 I. Quelles sont les nouvelles formes de journalisme et comment les appréhender ?

L’essor des écrans.

L’on voit apparaître de nouvelles formes de narration, s’appuyant sur des diaporamas sonores, des montages linéaires courts et dépourvus de voix off, avec un point de vue d’auteur, autrement dit une subjectivité assumée. L’EMI explique qu’elle développe un format particulier qui est le journalisme d’hypermobilité [1]. Mais depuis une ou deux année(s), les gens ne consomment plus l’information sur l’ordinateur mais sur des tablettes, des smartphones, etc. Cette évolution de la « littéracité » est donc due aux nouvelles technologies. Un tel changement a d’abord fait peur à bon nombre de journalistes. Désormais, ceux-ci, eux-mêmes davantage expérimentés, sont prêts à s’en emparer. Ils disposent de divers services en ligne sur lesquels s’appuyer. Il faut, selon Marc Mentré (EMI-CFD), également changer de posture dans l’enseignement, et ainsi ne pas expliquer sans cesse ce qui est déjà connu (sources, formes de narration...) mais se projeter dans l’avenir et rechercher de nouvelles formes de narration et d’utilisation des nouvelles technologies (réseaux sociaux, mobilité...) Il faut apprendre les bases et acquérir une aptitude à s’emparer de ce qui est nouveau « journalistiquement parlant ».

Plonger les étudiants dans le numérique.

Agnès Chauveau (Sciences Po Paris), insiste sur la cristallisation de nouveaux fondamentaux. Il est considéré comme crucial de plonger les étudiants dans la culture numérique à l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Même des jeunes gens font des découvertes en la matière. Ils doivent être immédiatement capables de porter un regard critique et connaître les enjeux de ce monde (numérique) dans lequel la société va entrer, si ce n’est déjà le cas. Ce problème est indissociable de la question de l’enquête et de la recherche sur le net. Cela concerne tous les journalistes et pas uniquement ceux qui produisent de l’information en ligne. On peut alors y relier la question de la production numérique avec tous les formats, amenés à évoluer, peut-être de façon exponentielle, et mourir. Il faut se poser la question du format le plus adapté. Nous en venons donc à la problématique de l’audience de ce journalisme qui est en dialogue permanent contrairement au papier, à la radio, et à la télé. Le défi à relever pour les étudiants, actuels et à venir, consiste à se saisir de cette interaction permanente et à s’en servir pour enrichir les contenus.

L’interaction avec le public.

Hervé Demailly (Celsa), prolonge la réflexion en fixant comme objectif de former des jeunes qui, au bout de deux années d’études, vont trouver un emploi. Cet emploi reste traditionnel dans l’approche de l’information et son traitement. En effet, les journalistes de demain ne pourront pas faire l’autruche mais devront au contraire se doter d’un état d’esprit les rendant capables d’être ouverts à ces nouvelles approches. Par exemple, l’un des problèmes qui se posent est : le journaliste doit-il répondre aux commentaires de ses lecteurs sur ses blogs ? Il faut bien remarquer que les choses ont drastiquement changé dans ce domaine. L’analyse du journaliste n’est plus, sur internet, un texte sacré, sanctuarisé, faisant autorité, ni prétendant être exhaustif ou encore moins incontestable. L’internaute se permet, depuis son domicile, d’y apporter des éléments supplémentaires, de la nuancer, voire de la contredire radicalement, et ce de manière parfois violente et plus ou moins familière, avec plus ou moins de recul par rapport aux évènements. Quelle doit alors être la posture du journaliste sur internet ? Nathalie Pignard-Cheynel (EJDG Grenoble), avance l’idée de développer une identité numérique du journaliste. Les étudiants ont manifestement du mal à passer le cap. Comment peuvent-ils et doivent-ils se mettre en scène sur les réseaux sociaux et les blogs ? Il faut bien entendu se montrer prudent vis-à-vis des discours prophétique. Le journalisme « mojo/chiva » n’est pas apparu aussi vite qu’on l’avait prédit. Tous les étudiants ne deviendront donc pas des « inspecteur Gadget ». Il ne faut pas foncer bille en tête sur des discours portés par des organisations internationales qui souhaitent que tous les journaux se convertissent au numérique comme support de diffusion exclusif.

Voir en ligne : Assises 2011

Notes

[1type de journalisme également désigné par "journalisme mojo" ou encore "journalisme chiva"

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