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PROJET ASMA (Ecoute) de Kalian Lo et Olivia Casari

être un réfugié en France

vendredi 11 mai 2018, par Adèle Diop, Kiminta Vernier, Lea Mannari

Le film

A l’origine de ce film, il y a la rencontre de Dominique, bénévole, et de ses élèves, de jeunes soudanais réfugiés désireux d’apprendre le français. Très vite, des liens se créent, une réalité se dévoile - l’urgence d’informer sur leurs parcours de vie et leurs conditions d’accueil en France s’impose comme une évidence.

Les réalisatrices ont décidé de réaliser ce film pour faire exister la parole de ces personnes qui ont vécu l’inimaginable : l’enfer de la guerre, du passage des frontières, de la rencontre avec les passeurs, l’enfer de la Méditerranée ou encore la jungle de Calais... Comment ne pas être bouleversé par ces jeunes que nos préjugés déshumanisent et que les médias stigmatisent ?

Ainsi les réalisatrices ont souhaité les montrer autrement et justement, en faisant le choix de mettre en valeur leur beauté, leur sensibilité et leur singularité. Pourtant derrière les sourires, transparaissent la douleur et les difficultés de ces jeunes hommes qui ont tout bravé pour pouvoir vivre dignement dans notre pays.

Ce film est une invitation au dialogue et à l’ouverture.

Il s’appelle Asma "écoute" en Arabe car ce ne sont pas les médias ou même les personnes qui travaillent avec eux qui parlent pour eux mais qui, pour une fois, les écoutent. Ces jeunes ont la parole et nous parlent pendant ces 38 minutes de documentaire de leurs histoires, de leurs marche jusqu’à nous et de leurs espoirs...

Ce film est une ode à la Vie

La soirée

La soirée organisée par le Buddy System Réfugiés était le mercredi 2 mai à la Maison des étudiants.

Elle débutait à 20 h par des explication de la part de Kalian Lo et Dominique Casari sur le projet. Puis, Adam Abdallah a récité un poème magnifique, bouleversant qu’il a écris pour sa mère.

Poème pour ma mère

Je suis désolé maman,
Parce que le bateau a coulé,
Et on n’a pas pu arriver en Europe,
Et je n’ai pas pu envoyer l’argent,
Que j’ai emprunté pour payer le voyage.
Ne sois pas triste maman,
S’ils ne trouvent pas ma dépouille,
Elle ne te servira à rien,
Sauf à payer le coût
Du transfert, de l’expédition, de l’enterrement.

Je suis désolé maman,
La guerre s’est déclarée,
Et j’étais obligé de voyager comme les autres.
Mes rêves n’étaient pas immenses,
Tous mes rêves étaient
Que nous vivions en paix.
Je suis désolé maman,
Je t’ai construit une maison d’illusions
Une belle maison comme celle
Qu’on regardait dans les films.

Je suis désolé mon frère,
Je n’ai pas pu rester avec vous.
Le gouvernement m’a obligé
A quitter le pays.
Je suis désolé ma famille,
Parce que je vous laisse la guerre
Et je me suis noyé
Et je ne peux pas vous aider.
Je sais que traverser la mer est la mort,
Mais c’est mieux de mourir dans la mer,
Que sous la torture dans une prison.

Prends soin de la famille, mon frère,
Mon père a été tué dans l’attaque du village,
Et moi, je suis noyé,
Tu es le seul qui reste.

Je suis désolé pour vous les plongeurs,
Vous qui cherchez les morts.
Je ne connais pas le nom de mer
Car je suis noyé.
Rassurez-vous, service d’asile,
Je ne serai pas un fardeau pour vous.

Oh mer, merci de m’avoir reçu,
Sans visa ni passeport,
Merci poissons de partager ma chair
Sans me demander ni ma religion,
Ni mon appartenance politique.
Merci aux chaines d’information,
Qui vont diffuser les nouvelles de notre mort,
Pendant cinq minutes, pendant deux jours.
Je vous remercie parce que vous serez triste
Mais moi, je ne suis pas désolé,
Je suis noyé…

Ce poème a été récité en Arabe, en Anglais et en Français, l’entendre dans ces trois langues a donné une puissance à chaque mots et les rendait encore plus fort.
Il n’y avait plus un bruit dans la salle, le film a donc commencé.. en silence.

Après la projection, il y a eu un très bel échange entre le public et les protagonistes : Mohamed Suliman, Adham Abdallah Abderrahman, Yassin Mohammed Abdallah, Ahmed Omar, Adham Ahmed Abdeljalil, Ibrahim Mohammed Hasa Al Karim et Rashid Mohammed Youssef. C’était une soirée emplie d’émotion ou tout le monde est reparti changé, plus indifférent.

C’était une très belle soirée qui marquait la fin de l’année scolaire pour le Buddy System.

Voir en ligne : Pour prendre contact avec la réalisatrice / organiser une nouvelle projection

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