Accueil > Critiques > Biographies politiques et intellectuels > Klement Gottwald

Klement Gottwald

jeudi 4 mai 2017, par solenne.roche@etu.univ-poitiers.fr

Klement Gottwald est né le 23 novembre 1896 dans le village de Dedice en Moravie qui fait alors partie de l’empire Austro Hongrois. Fils d’un petit agriculteur, il est envoyé à Vienne à 12 ans pour devenir un apprenti charpentier. A 16 ans il rejoint le mouvement des jeunesses Social-Démocrate. Pourtant quand Première Guerre mondiale éclate, il est forcé d’entrée dans l’armée impériale en tant qu’homme d’artillerie. Avant la fin de la guerre il déserte, comme de nombreux autres soldats, pour organiser des sabotages contre les forces Austro-hongroise.

Dans le nouvel Etat qu’est la Tchécoslovaquie en 1918, Gottwald est membre du parti de gauche, le Parti Social-Démocrate Tchécoslovaque, qu’il quitte en 1921 pour prendre part à la formation du Nouveau Parti Tchécoslovaque Communiste. C’est peu après qu’il prend de l’importance en se faisant reconnaître avec ses travaux écrits. En effet, il devient éditeur pour les publications tchécoslovaques du journal Pravda (La vérité), est élu au Comité Exécutif en 1925, et en devient à 31 ans (1927) le secrétaire général. En 1935 il fait partie des 30 élus communistes au parlement tchécoslovaque et promet dans un discours d’inauguration de « casser le cou » de ses opposants politique bourgeois.

Alors qu’Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, Gottwald dénonce farouchement le fascisme le considérant comme une menace directe pour son pays et demande que le pays prépare une forte défense militaire. Finalement, la signature du pacte de Munich en 1938 permet à Hitler d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie avec le consentement de pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume Uni (alors que les chefs d’Etats Russe et Tchécoslovaque ne sont pas conviés). Gottwald qui s’y était fortement opposé est envoyé en sureté par son parti en Union Soviétique. De là-bas, il organise une résistance souterraine en diffusant une propagande dans le pays. Il travaille à un compromis politique avec le socialiste et chef du gouvernement en exil, Edvard Benes pour réunir le pays après la guerre. A son retour au pays en 1946, il devient président du Parti Communiste Tchécoslovaque. Lors des élections parlementaires de juin 1946, l’Union soviétique bénéficie d’une bonne réputation pour avoir été les libérateurs, et les communistes deviennent majoritaires au Parlement avec 38% des voix en leur faveur. En juillet 1946, Gottwald devient Premier Ministre.

Dans la première partie de son mandat, il est considéré comme un « modéré ». Il respecte les traditions Tchécoslovaques, la démocratie et le pluralisme politique. Il approuve la nouvelle constitution qui garantit des élections libres, une liberté de la presse, de religion, d’assemblée, l’indépendance de la justice… Il est néanmoins un communiste loyal à l’Union soviétique et sous leur pression, il refuse de prendre part au Plan Marshall. Dans une deuxième partie cependant, sa ligne politique se durcit considérablement. Secrètement, Gottwald et son parti, conscient du déclin de leurs soutient populaires, avait prévu un plan détaillé et progressif pour une prise de pouvoir par les communistes. Ce plan a été exposé publiquement en février 1948, lorsque les ministres non communistes du gouvernement ont accusé les communistes de planifier des assassinats, de destituer des chefs de police non communistes et d’autres actions illégales. Dans un effort pour renverser Gottwald, ces mêmes ministres vont démissionner. La réponse de Gottwald est stricte, l’armée et la police arrêtent les prétendus « conspirateurs », des « comité d’actions prennent le contrôle de gouvernements local, d’usines, d’écoles…Finalement, le président Benes va se soumettre à la demande de Gottwald et va lui permettre de créer un nouveau gouvernement de communistes et sympathisants politiques. Trois mois plus tard, Benes démissionne et Gottwald devient Président. Une nouvelle constitution est établie, qui approuve la dictature communiste et supprime la pluralité politique. En 1952, à la demande de Staline, il organise les procès de Prague et condamne à mort une douzaine de ses anciens camarades dont Slansky (proche, élu avec lui en 1935, secrétaire du parti).

Le 11 novembre 1953, Gottwald assiste aux funérailles de Staline. Il se plaint alors de douleurs. Souffrant de syphilis et d’alcoolisme il fait une rupture d’anévrisme et meurt trois jours après. Bien entendu, ces faits sont cachés et il meurt officiellement d’une mauvaise grippe.

En résumé, si Gottwald a été considéré comme un leader modéré qui évitait les excès des régimes communistes, il a néanmoins adopté les méthodes de Staline, purge, terreur et même photos truquées, pour faire de la Tchécoslovaquie un pays de monopartisme ouvrier totalement soumis à l’Union Soviétique et dont un des slogans est “avec l’Union Soviétique, toujours”.

Partager

Commenter

TAGS

EN IMAGES

Le premier jour bis The day after tomorrow, Roland EMMERICH (2004) féminisme Milan

Visiteurs connectés : 6