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Un jour à Helsinki - Le métro

mercredi 3 mai 2017, par Julia Vandal

Le métro

biiiiip.biiiiip.biiiiiip.

bip bip bip bip bip

biiiiip.biiiiip

Une salle d’opération sans médecins, sans matériel. Seulement des patients, impassibles, attendant dans un gigantesque vestibule gris.

Ce signal au rythme arbitrairement animé, dont je ne connais toujours pas l’origine, donne aux quais silencieux de la station Kamppi des allures d’hôpital.

“2:00” indique le panneau d’affichage électronique. En réalité, il sera là bien avant. .

Orange, plastique, carré. A l’intérieur, sombre. Sombre ? Pas de lumière ? Il ne s’arrête pas. Hé bien ? Comme une fausse couche, sans vie, conduit par un conducteur studieux, le convoi poursuit calmement son chemin, sans halte. Des pressés qui ont dévalé les escaliers à l’audition du grondement du véhicule stoppent net leur course devant les écriteaux collés au scotch sur les vitres du train : “This train does not take passengers”. Soulagement ou impatience, les citadins ne laissent rien paraître.

“4:00” indique maintenant le tableau.

Puis, lumineux, presque triomphant, le “vrai”, le “bon”. Ses phares illuminent l’obscur tunnel. Les freins crissent. Orange, plastique, carré. Sagement, sans tumulte, les inexpressives figures entrent dans les rames. L’engin démarre et, telle une fusée sur sa rampe de lancement, laisse retentir un chuintement aux harmonies d’accélération de karting. Sur un banc, orange, plastique, carré, une petite fille, emmitouflée dans sa combinaison de ski bleue, lit.

“Helsingin Yliopisto. Helsingfors universitet. University of Helsinki.” La voix au noble accent finnois prononce avec clarté le nom de la station. Je descends. Trois escaliers électriques me font face. C’est le début d’une longue ascension vers le dehors. De larges miroirs ont été disposés de part et d’autre des dispositifs mécaniques. Les gens, que l’on voyait habituellement de dos ou de face sont maintenant observables de tous bords. Leurs visages sont bleus. Puis vert, rouge, rose, violet. Les architectes finnois ont pensé qu’une réaccoutumance aux couleurs avant de se confronter au jour serait judicieuse. Des néons fluorescents sont en effet installés derrière des vitres transparentes.

Enfin, l’emprunt d’un couloir anachronique est inévitable pour accéder de manière rapide au bâtiment principal de l’université. Odeur humide, froid déjà perceptible, murs blancs et rocailleux emplis de dessins préhistoriques, la grotte du métro de l’université d’Helsinki est parfois le théâtre de performances musicales aux tons aigus. Le froid se fait de plus en plus intense à l’approche de la sortie. Il paraît finalement moindre lorsque, carré sur pattes que je suis, bonnet écharpe et gants de ski, je m’échappe du monstre souterrain.

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