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Un an à Den Haag V

Des nouvelles de la collocation et apprentissage de l’anglais

dimanche 30 avril 2017, par Sima Olé

Je t’écris depuis le sofa de la véranda, sur notre table basse, où Nolan, Ellis et moi avons joué aux cartes toute la soirée. Une ambiance vraiment sympathique commence à se créer entre les murs de cet appartement, et nous passons autant de temps ensemble à étudier qu’à nous avachir sur les canapés du salon à nous plaindre de la difficulté de nos cours. Chaque soir, nous passons au moins une heure à nous raconter ce que nous avons fait pendant la journée. Nous finissons souvent par nous asseoir tous les trois sur la terrasse, autour de quelques bières, pour discuter de tout et de rien, et en consommant un des produits de la Hollande dont raffolent les touristes. L’accent de Nolan est toujours un peu compliqué à appréhender, mais celui-ci fait de visibles efforts pour être compris . Il se donne même la peine de nous éclairer sur la grammaire de sa langue maternelle, mais il dit que nous faisons des progrès.



Den Haag vue depuis notre fenêtre, avec la tour de Grote Kerk au loin



Cela dit, bien que mon niveau d’anglais soit loin d’être excellent, celui de certains laisse encore beaucoup à désirer, notamment celui de ceux d’une nationalité en particulier, les Français. Ouïe Ouïe Ouïe. Honnêtement, tu sais que je m’efforce de ne pas juger les gens, mais j’ai été contraint de constater avec effroi la médiocrité du niveau en anglais des « mangeurs de grenouilles » comme on les appelle ici. J’ai remarqué une évidente différence entre ceux dont les parents sont anglophones et ceux qui pensaient être bilingue au vu de leurs notes au baccalauréat, tu sais cet examen qu’ils doivent passer après le lycée. Sans rire, leurs tentatives linguistiques anglophones s’articulent autour de trois comportements souvent corrélés, la nonchalance, le balbutiement et l’accent exacerbé. Remarque, c’est très pratique dans une conversation puisque ces-derniers ont la chance de pouvoir faire l’économie de cette question routinière qu’est le « where are you from ». En effet, j’ai remarqué que leurs interlocuteurs parviennent généralement très facilement à identifier leur origine après avoir entendu, ou plutôt subit, une forte prononciation à la parisienne. Ce phénomène est traduit par la phrase suivante : « and you must be french right ? ». En revanche, je n’ai toujours pas compris en quoi leur accent était suave et séduisant. Je suis peut-être un peu moqueur, je l’avoue, surtout que moi aussi j’ai pas mal de problèmes face à mes différents interlocuteurs... notamment quand l’anglais est leur langue maternelle.

En vérité, c’est une grande surprise de découvrir et de me confronter à la pluralité des accents des natifs anglophones. Ne serait-ce qu’au sein du Royaume-Uni la diversité des façons de parler anglais est incroyable, et certaines représentent d’ailleurs de véritables défis de compréhension pour moi. Mais, est-ce-que tu as déjà entendu l’accent des gens originaires de Tasmanie Nahom ? Il y a deux ou trois jours, j’étais invité chez Maya Hoaxfeet, une jeune fille originaire de cette petite île du sud de l’Australie, pour le dîner. D’après mes calculs, sans rire, j’ai dû comprendre entre trente et quarante pour-cents de ce qu’elle me disait, c’était un cauchemar. J’avais beau tendre l’oreille et me concentrer je ne pouvais faire de différence entre la majorité des sons. Au début du repas je la faisais réitérer ses propos pour que je puisse comprendre le sens de ses phrases, seulement au bout d’un certain moment, je ne pouvais plus demander « Can you repeat please Meg, I did not get it » sans qu’elle commence à croire que je n’étais pas un peu idiot. En fait, la seule solution qui me restait était de hocher la tête bêtement en prétendant tout comprendre. En fait, j’étudiais scrupuleusement les expressions de son visage afin de comprendre quelles réactions j’étais supposé avoir. Tu aurais dû me voir, quand elle souriait, je souriais, quand elle riait, je riais. Durant tout le repas la seule réponse dont je suis sur qu’elle a vraiment répondu à sa question est quand j’ai lancé « bless you » lorsqu’elle a éternué.

Comme tu l’as compris, de mon côté, si ce n’est quelques problèmes linguistiques, tout va pour le mieux. Bisous !

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