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Un an à Den Haag III

Rentrée des classes et premiers cours

dimanche 30 avril 2017, par Sima Olé

Hier, j’ai officiellement repris les cours, bien que ce soit un peu plus dur que prévu puisque tout est en anglais. Par exemple, j’ai un cours d’économie de la Russie qui est vraiment intense. Dès la première heure, le professeur nous a bombardé de vocabulaire macroéconomique complexe. Je dois absolument me concentrer pour comprendre ce que l’enseignant dit et je sais que c’est encore trop tôt pour que je puisse participer dans cette matière. Je crois qu’il y a vraiment des différences de niveau entre moi qui suis en échange, et les étudiants qui réalisent leur licence complète ici. Ces derniers, qui parlent déjà vraiment bien anglais n’hésitent pas à poser des questions pointues et à émettre leurs opinions sur la situation économique du pays. Ils sont très cultivés et connaissent déjà beaucoup de choses sur l’aire eurasiatique en général. D’ailleurs, ils viennent pour la plupart de ces pays. La dernière fois j’étais assis entre un Slovène et une Turkmène. Je suis assez intimidé par les élèves. Le fait que les cours soient entièrement en anglais attirent des étudiants du monde entier. J’ai rencontré des gens qui venaient du Pérou, de Chine, du Ghana, d’Islande ou encore d’Australie. Néanmoins, malgré que Leiden aime vanter l’aspect international de ce cursus, la plupart des étudiants viennent de pays riches, d’ailleurs souvent européens. Je pense que l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, les États-Unis et le Japon sont les pays les plus représentés. Il y a quelques étudiants qui viennent d’Afrique ou d’Amérique Latine, mais ils sont généralement blancs et/ou fils/fille de diplomates.



Place de Lange Voorhout, où se trouve mon campus d’économie étrangère



Ce sont les premiers jours de classe, et puisque tout le monde est encore un peu effrayé par le fait d’arriver dans un monde nouveau, chaque étudiant de première année tente de jauger les autres et de montrer sa valeur. Cela donne des moments d’intense narcissisme tel que « je suis londonien mais j’ai vécu toute ma vie au Caire puis à Rio, donc je parle anglais, arabe et portugais. Mais j’ai toujours préféré aller au lycée Italien donc je parle aussi la langue ». C’est souvent la vérité, mais le ton sur lequel s’est prononcé est d’une rare présomption. Je les trouve un peu ridicules honnêtement. Enfin bref, tu l’auras compris, globalement, les gens ici viennent de milieux ultra-privilégiés et ont d’immenses avantages linguistiques. Tout à l’heure, je discutais avec quelques autres étudiants de mon cours de théories des relations internationales et Iacubo, un italien vivant en Suisse, expliquait comment il n’arrivait pas à concevoir qu’un étudiant ait besoin de travailler pour se financer. Forcément quand tes deux parents travaillent à l’ONU, devoir travailler avant d’obtenir un diplôme doit ressembler à une lointaine curiosité. Bref, je me suis un peu égaré, je devais te parler de mes classes. J’ai d’autres matières telles que sociolinguistique, russe, et culture russe. En général, les cours sont assez exigeants dans la mesure où chaque professeur demande que nous faisions plusieurs travaux dans le semestre en plus d’un examen final. Je suis déjà exténué à l’idée de devoir réaliser un exposé et une dissertation par matière. Mais ce qui est différent et positif à mes yeux est que nous sommes totalement libres dans le choix des sujets de nos présentations ou rédactions. Je crois qu’en sociolinguistique je vais écrire sur comment le sexisme est véhiculé au sein du français. En ce qui concerne Culture russe, je n’en suis pas encore certain mais je crois que je vais parler des représentations de genre dans la propagande soviétique. Un autre point positif de l’enseignement ici est la proximité avec les professeurs. Par exemple, lundi, lors de mon premier cours de russe j’ai serré la main à ma professeur de russe Olja Karmanova, qui nous encourage d’ailleurs à ne l’appeler que par son prénom. Encore autre chose que je trouve formidable est le fait que le corps professoral soit aussi international que l’ensemble des étudiants. Souvent les professeurs de cours spécialisés sur des aires sont originaires de ces pays. C’est le cas aussi pour mes professeurs de langues. Par exemple, Olja, dont je te parlais, est une native russe qui a étudié en Hollande avant de s’y installer.
Le seul point négatif que j’ai trouvé pour le moment est que, en tant qu’étudiant en échange, je n’ai pas de classe fixe et que ça s’annonce compliqué de nouer des liens avec des gens que je ne vois qu’une ou deux heures par semaine.
Enfin bon, je te laisse, je dois faire mes exercices de grammaire russe ! À bientôt dans un prochain courrier !

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