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Un stage en ambassade

mercredi 26 avril 2017, par Marie-Louise Truyol

Au terme de la première année d’études, un stage professionnel doit être effectué. Vous pouvez choisir d’évoluer dans le domaine professionnel qui vous intéresse, que ce soit le journalisme, la politique, la diplomatie, l’humanitaire, la culture, l’urbanisme…

A mon arrivée en première année, c’était la diplomatie qui m’intéressait, le domaine des relations internationales, de la médiation, des relations inter-étatiques. C’est donc tout naturellement que je me suis dirigée vers les ambassades lorsque l’heure de faire des demandes de stage est venue. Après plusieurs tentatives infructueuses et des coups de téléphones et emails frénétiques, j’ai finalement reçu une réponse positive de la part de l’ambassade de l’Ile Maurice à Paris. Bon bien sûr, je vous l’accorde, ce n’est pas forcément la première ambassade à laquelle on pense, celle qui pèse le plus sur les décisions internationales, ni celle qui a le plus de moyens, mais tout de même, c’était une expérience en ambassade et il était hors de question que je passe à côté.
En mai 2015, j’ai donc eu l’opportunité de passer un mois au sein de cette structure, avide de découvrir un monde qui m’était jusqu’alors inconnu. Pourtant, alors que je m’attendais à devoir éplucher des dossiers, trier des demandes de passeport (oui, cette ambassade comporte aussi un service consulaire) et faire du café pour l’ambassadeur, je me suis rendue compte en arrivant qu’il n’y avait tout bonnement pas d’ambassadeur. Remaniement ministériel et gouvernemental oblige, un nouvel ambassadeur devait prendre ses fonctions bientôt... Mais néanmoins pas avant la fin de mon stage. Moi qui pensais qu’il n’y avait rien de plus important qu’un ambassadeur dans une ambassade, j’étais pour le moins déçue.
Lors de mon premier jour, on m’a donc confiée au Premier Secrétaire de l’ambassade, qui courait de réunion en dîner mondain, en l’absence de plus haut représentant. Désoeuvrée, laissée dans un bureau face à un ordinateur sans internet, je me suis résolue à passer mes premiers jours à lire. Ma liste de livres à dévorer se réduisait à vue d’oeil, mais je commençais sérieusement à désespérer qu’on m’octroie jamais une tache sérieuse. J’errais d’un bureau à l’autre, quémandant un peu de travail, sans grand succès. Le Premier Secrétaire, entre deux rendez-vous, m’a finalement confié une pile de cartes de visites à trier, mais cette occupation n’était pas beaucoup plus captivante que de préparer du café.
Après plusieurs jours à tourner en rond et à compter les dalles de mon bureau, le Second Secrétaire de l’ambassade (troisième personne la plus importante de la structure) m’a finalement prise en charge. Soucieux de me faire découvrir plus amplement le monde diplomatique face au flux intarissable de questions que j’avais à son sujet, il décida de m’emmener avec lui à plusieurs conférences et réunions au sein de grandes organisations internationales, telles que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’OCDE ou encore l’UNESCO. J’ai ainsi pu assister à des réunions concernant la crise de Palmyre, l’importance du “made in” (national brand) pour l’image d’un pays, ou le développement de programmes pour la francophonie. Sur les dernières semaines, j’ai également eu à rédiger des courriers officiels, rédiger des compte-rendus et accueillir les ressortissants mauriciens au service consulaire.
Tout cela m’a permis de prendre conscience de l’importance de l’administratif dans la vie diplomatique, dont le volume supplante parfois celui de la représentation. Je me suis rendue compte qu’être diplomate ne signifiait pas seulement représenter son pays, mais aussi assurer un véritable lien entre les gouvernements et les populations, sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre.

Si ce stage m’a permis de comprendre que je ne souhaitais pas devenir diplomate, il fut tout de même assurément enrichissant et m’aida grandement à définir avec plus de précision et de réalisme un projet professionnel pour la suite. C’est ce qui rend le stage obligatoire de première année si précieux : le fait que vous disposiez encore de deux autres années par la suite pour effectuer d’autres stages qui enrichiront votre dossier et vous permettront de construire le projet qui vous correspond le mieux.

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