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Demystification de la Vénus d’Urbino

Comment et pourquoi Le Titien vous a bien eu.

mardi 25 avril 2017, par Isabelle Imhof

Regard langoureux, expression énigmatique, corps d’albâtre à faire pâlir de jalousie toutes les femmes du XVIe siècle...

 Vous souvenez-vous d’elle ?

De tous temps, cette jeune fille, représentée par le Titien dans son célèbre tableau, a reçu le titre de « Vénus » de la part de son public et de ses spécialistes, qui l’ont toujours interprétée comme l’allégorie de la Beauté. Et nous ne pouvons leur en vouloir ; le regard, la nudité, la position, TOUT chez ce personnage pictural semble justifier son nom « La Vénus d’Urbino », et nous rappelle cet art qu’est celui de représenter la perfection faite femme, déjà exercé par tant d’autres – Giorgione, Cabanel, Milo.
Mais à peine le regard se détourne de ce doux sourire, dès lors qu’il commence à vagabonder dans les tréfonds de la toile, une indicible perplexité frappe le spectateur. Pourquoi a-t-on représenté ce chien allongé aux pieds de la « Vénus » ? Quel est le sens de ces deux femmes au comportement étrange au second plan ? Et enfin comment expliquer la présence d’une Centaura calcitrapa au centre du tableau, alors même que cette plante médicinale est totalement anachronique en France à cette époque ? Tant de mystères auxquels personne n’a su répondre en cinq siècles. Mais aujourd’hui, chers lecteurs, cette étude, formée des plus éminents spécialistes au monde, se propose de soulever le voile qui nous tient en haleine depuis des centaines d’années, et qui nous permettra de toucher à notre but : comprendre la véritable signification de la mystérieuse « Vénus d’Urbino ».

  Afin d’admettre l’explication qui va suivre,

Le lecteur se doit avant tout d’assimiler une vérité très dure mais essentielle à notre analyse : la signification de cette toile a été – jusqu’au présent écrit – erronée de tous. Elle l’a même été à un tel degré qu’on pourrait classer son titre « La Vénus d’Urbino » dans les erreurs les plus monumentales de l’espèce humaine, au même titre que la Terre plate et au centre de l’Univers. C’est d’ailleurs de ce titre que part toute notre investigation ; à l’origine de ce travail, nous nous sommes en effet longuement interrogé sur l’identité de cet Adalberto « Urbino », dont on a donné le nom à la ville italienne qui a soi-disant inspiré Le Titien. Après de longues recherches, nous sommes parvenu à une curieuse conclusion : Urbino était, dans l’Italie du XVIe siècle, le plus important éleveur de vaches à lait et à viande du pays, dont la richesse et l’opulence ont permis l’érection d’une ville à son nom à l’endroit de son élevage. Cet élément nous ayant fort étonné, nous avons décidé de poursuivre nos investigations du côté de Le Titien cette fois-ci, afin de découvrir le lien qui l’unissait à Urbino. Nous avons alors fait une découverte très troublante : dans tous les écrits que nous avons étudié, il était mentionné que le célèbre peintre possédait une profonde passion pour la blanquette de veau, dont il raffolait et à laquelle il vouait un culte proche de l’idolâtrie. Dès lors, nous avons soupçonné que le tableau «  La Vénus d’Urbino » était lié à ce goût prononcé pour le bovidé à la crème. Et, passée la stupéfaction première que suscite cette révélation, vous verrez, très chers lecteurs, que tout dans ce tableau contribue à représenter l’idée sublime qu’avait Le Titien de la blanquette de veau.

«  La Vénus d’Urbino » se décompose en trois plan : le premier représente une jeune femme dans son plus simple appareil, le deuxième deux matrones dont l’une semble fouiller dans un coffre et le troisième, une plante ronde se détachant dans le lever du soleil.

  Dès le premier plan,

Nous plongeons au cœur du sujet. Tous les attributs de la jeune femme contribuent en effet à en faire l’allégorie de la blanquette de veau : son corps dodu et très pâle tout d’abord, référence indubitable à la tendre et blanche viande de veau. La coiffure raffinée et les boucles délicates sont accompagnées d’un bouquet de rose au parfum agréable ; tout tend ici à symboliser le merveilleux goût et l’appétissant fumer du petit de la vache sur lit de champignons. De plus, Le Titien utilise ici une technique commerciale connue de tous les publicitaires, et utilisée en particulier dans les publicités pour yaourt : la petite mine séduisante, dont le charme et les yeux pétillants nous incitent grandement à goûter au produit. Enfin, le petit chien aux pieds de la Belle est si repu qu’il s’est endormi : il symbolise alors bien évidemment la valeur hautement nutritive du plat. Pour finir, et si vous n’avez pas été convaincu par tous ces éléments, sachez que Le Titien était, en plus d’un grand amateur de veau, un féru de rébus et charades en tout genre. Dès lors, le drap BLANC et la BANQUETTE, sur lesquels est couchée la jeune femme, prennent toute leur signification ; car le mélange de ces deux mots BLANC et BANQUETTE donne BLANQUETTE. Coïncidence ? C’est très improbable. En effet, cette hypothèse permet également d’expliquer le cadre noir derrière la « Vénus » : il s’agit de la face obscure de la blanquette de veau. Le Titien était en effet conscient de l’atrocité en laquelle son met favori consistait : cuire un veau dans de la crème, faite de lait, ce lait même dont le petit de la vache se nourrissait avant de rejoindre nos assiettes. C’est là toute l’ironie du sort et le sacrilège que les amateurs de blanquette de veau se doivent d’accepter pour satisfaire leurs appétits.

  Alors que le premier plan nous vantait la blanquette de veau à travers sa délicieuse allégorie,

Le second nous met en garde : il nous dépeint ainsi une terrible scène qui illustre les effets du veau mal cuisiné. Alors qu’une autre jeune femme en blanc dégurgite à genou son repas dans un coffre, la matrone qui remonte sa manche représente en effet la blanquette mal cuite. Sa robe rouge symbolise la viande rosée (la viande de veau doit être bien cuite !), tandis que sa manche remontée, pareil à celle d’une personne qui s’apprête à en frapper une autre, montre toute la violence de l’indigestion. Les couleurs de cette partie du tableau (rouge sombre, marron, noir) tranchent vigoureusement avec le blanc lumineux et le doux beige du premier plan ; nous sommes bel et bien ici dans une scène dont la gravité revêtait une importance considérable pour Le Titien.

  Pour finir,

Seule la solution de l’allégorie de la blanquette de veau permet de nous expliquer cette toile dans son intégralité. En effet, nous avons déjà évoqué la présence de cette plante sur la fenêtre ; or cet arbuste a rendu fou et mis en échec tous les botanistes depuis cinq-cent ans. Car c’est unanime : il s’agit d’une Centaura calcitrapa, plante médicinale à l’époque uniquement présente en Amérique du Sud, et dont seules les feuilles séchées aux merveilleuses propriétés thérapeutiques étaient exportées en France. C’est donc un anachronisme dans ce tableau européen, et cet élément irréaliste ne peut être qu’une allégorie, encore une fois, de la solution à l’indigestion de la blanquette de veau. Cette plante, déjà utilisée à l’époque comme calmant digestif, est en effet aujourd’hui l’ingrédient essentiel de nombreux médicaments antidiarrhéiques, antivomitifs et des antispasmodiques pour soulager les douleurs abdominales. Sa silhouette se détachant dans l’aube d’un jour nouveau, la Centaura calcitrapa symbolise la « renaissance » après plusieurs jours de maladie effroyable, et sa position a centre du tableau met en valeur son importance capitale aux yeux de Le Titien, dont la gourmandise a dû provoquer bien des indigestions.

  La « Vénus d’Urbino »,

Le chef d’œuvre du grand Le Titien, vous a donc été dévoilé dans toute son étonnante splendeur et sa profonde complexité. Il s’agit d’une allégorie de la blanquette de veau, objet de dévotion et d’un véritable amour de la part du peintre. Le tableau est décomposé en plusieurs parties et nous en apprend beaucoup sur ce met délicieux, ainsi que sur ses travers les plus sombres. Cependant, si cette étude manque d’étoffe à vos yeux, n’hésitez pas, chers lecteurs, à vous procurer le manuel La Blanquette de Veau par Le Titien pour les nuls dans la même collection que notre précédent best-seller, La Vénus de Boticelli, allégorie de la Flemme.

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