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Exercice de rédaction avec contraintes à partir d’un modèle

Art du discours

mardi 25 avril 2017, par Claire Lepoutre


Consignes de l’exercice d’écriture (année 2014) :
Imaginer un repas en trois plats. Chaque plat sera décrit par une phrase. La syntaxe de la phrase doit être correcte (l’utilisation du point-virgule est possible). La description doit être absolument répugnante sans nommer le plat. L’objet décrit doit être représentable (apparence, goût). La description est faite à la 3ème personne du singulier, au passé.


Texte de référence pour l’exercice :
Jules Verne, Michel Strogoff, extrait, deuxième partie Chapitre VI.

"La jeune fille conduisit donc son compagnon à l’extrémité de la bourgade. Une maison vide, la porte ouverte, était là. Ils y entrèrent. Un mauvais banc de bois se trouvait au milieu de la chambre ; près de ce haut poêle commun à toutes les demeures sibériennes. Ils s’y assirent.

Nadia regarda alors bien en face son compagnon aveugle, et comme elle ne l’avait jamais regardé jusqu’alors. Il y avait plus que de la reconnaissance, plus que de la pitié dans son regard. Si Michel Strogoff avait pu la voir, il aurait lu dans ce beau regard désolé l’expression d’un dévouement et d’une tendresse infinis.

Les paupières de l’aveugle, rougies par la lame incandescente, recouvraient à demi ses yeux, absolument secs. La sclérotique en était légèrement plissée et comme raccornie, la pupille singulièrement agrandie ; l’iris semblait d’un bleu plus foncé qu’il n’était auparavant ; les cils et les sourcils étaient en partie brûlés ; mais, en apparence du moins, le regard si pénétrant du jeune homme ne semblait avoir subi aucun changement. S’il n’y voyait plus, si sa cécité était complète, c’est que la sensibilité de la rétine et du nerf optique avait été radicalement détruite par l’ardente chaleur de l’acier."


Repas chez les voisins

A 20h30 précise, il sonna chez ses nouveaux voisins. Il dit bonjour aux autres locataires, puis bavardages passés, chacun prit place autour de la table qui n’avait manifestement pas été servie depuis des lustres au vue de la fine poussière incommodante qui en recouvrait la surface.
De couleur jaunâtre, diffusant une odeur fétide qui emplissait les lieux, et accompagnée d’une masse grasse et molle qui ressemblait fort à l’oeuvre d’un pigeon constipé, l’entrée arriva comme deux yeux luisant de leur aspect gélatineux en face des convives. Puis on s’attaqua à la suite des hospitalités ; il s’agissait d’une sorte de semelle usée et démembrée comme celle d’un bûcheron revenu des bois dont le jus de sueur froide avait mouillé l’ensemble du plat lorsqu’elle était tombée dans l’assiette, dans laquelle d’ailleurs se mélangeait aussi au liquide diffus une marée compacte, granuleuse et verdâtre à l’aspect ganglionnaire de part les petites déjections lapines qui s’y écrasaient les unes contre les autres. Pour finir, de la poussière se colla dans le palais des convives à la pâte gluante qui venait de s’y recouvrir et les convives manquèrent de confondre le dessert avec une pyramide horizontale confectionnée d’un mélange de terreau et de calcaire recouvert d’un couche de plâtre en décomposition.
A 21h30, les voisins faisaient une indigestion.

Cet amont de poussière, c’était un gâteau au yaourt, ce cuir caoutchouteux englué, c’était un steak et des lentilles, ces deux boules gluantes c’étaient des œufs-mayonnaise et cet invité c’était mon frère qui travaillait heureusement à l’époque dans l’humanitaire.

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