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Critique gastronomique

Travail réalisé dans le cadre du cours de "Techniques d’écriture" dispensé par Pierre Martin

samedi 22 avril 2017, par Victor Fuseau

Consignes d’écriture :

  • Imaginer un repas constitué de trois plats, la description de chacun de ces trois mets doit être restituée en une seule phrase.
  • La description doit être péjorative, le lecteur doit avoir le sentiment que ces plats sont répugnants sans pour autant utiliser des adjectifs tels que “dégoûtant”, “répugnant” etc. Il faut user de procédés narratifs afin de décrire le plus péjorativement possible ces plats.
  • Il faut décrire un objet représentable et solliciter les sens du lecteur (le goût, l’odorat...) sans que cet objet soit nommé.
  • Une description au passé et à la troisième personne du singulier.

La jeune fille emmenait son hôte dans sa cuisine. Comme elle venait de déjeuner, elle n’avait pas eu le temps de débarrasser la table. Il s’assit. Il balayait du regard la table et scrutait minutieusement les différents plats et aliments mis en évidence par les spots lumineux suspendus au-dessus de sa tête.
Son regard se porta dans un premier temps sur l’entrée la plus immonde qui soit ; a priori des restes périmés du dernier réveillon, une multitude de coquillages marins encore couverts de vase, et à l’intérieur desquels se trouvait une sorte de glaire grisâtre à vous lever le cœur dès que cette substance gluante pénétrait dans la bouche, et plus encore quand les sinus percevaient cette forte et immonde fragrance océanique. Le repas se poursuivait sur la préparation du plus rustique des aliments, s’apparentant à des balles de ping-pong qui, une fois cassées, laissaient couler un fluide visqueux jaune et blanc à l’intérieur de la poêle ; ce fluide se transformait peu à peu en une poisseuse substance blanche sur laquelle culminait un œil globuleux rempli de sang ; un simple coup de fourchette sur celui-ci faisait couler un liquide sanguin, à la manière d’une ampoule que l’on percerait. Enfin, le dessert consistait en un boyau, sorte de boudin noir à l’intérieur duquel on s’était essayé à fourrer la plus grande quantité possible de chocolat afin que ce dessert soit le plus écœurant et indigeste possible si bien qu’en le pressant, ce boyau brioché se vidait de son contenu fécal.
Ce boyau brioché était un éclair au chocolat, cet œil globuleux était un œuf sur le plat, ces glaires étaient des huîtres et la jeune fille était Lola, cousine de son hôte du soir, Augustin.

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