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Publicité pour la dentisterie

dimanche 23 avril 2017, par Camille Bernard


Jusqu’ici, vous avez pensé que ce tableau représentait la célèbre Vénus d’Ubino du Titien. Cependant, il n’en est rien, cette affirmation n’est que pur mensonge. Cette toile est en réalité l’allégorie de la dentisterie.
Laissez-moi vous expliquer. La femme nue au premier plan est utilisée comme propagande par le milieu dentaire qui cherche à rétablir sa réputation après des décennies voire des siècles d’acerbes critiques diffusées par la fameuse expression : « menteur comme un arracheur de dents ». La profession cherche donc à transformer son image. Elle se veut plus attractive, moins effrayante en revêtant les traits d’une femme nue, sans artifices, symbole de vérité qui rompt avec l’hypocrisie supposée des dentistes.
On ne que constater son air serein et détendu. Elle fixe le spectateur comme pour l’inviter voire le défier, l’encourageant à se rendre lui aussi chez le dentiste. Sa position alanguie montre qu’il n’y a aucune raison d’être effrayé par les opérations dentaires. Au contraire, elles permettent d’obtenir une dentition belle, saine et blanche, à l’image de la jeune femme. L’épais matelas sur lequel la femme est installée vante le confort du nouveau fauteuil dentaire. Le drap qui recouvre ce dernier est d’un blanc immaculé, preuve de la très grande propreté des cabinets. La femme est dissimulée derrière une tapisserie émeraude symbolisant la discrétion des médecins dentistes. De plus elle tient dans sa main droite une poignée de bonbons, récompense promise par le dentiste, pour avoir affronté sa peur de la douleur. Au pied du fauteuil on peut observer un petit chien qui dort paisiblement. Il souligne la grande tolérance du nouveau dentiste qui accepte la présence des animaux de compagnie s’ ils réconfortent et rassurent le patient.
Cependant, il faut regarder le tableau dans son ensemble et ne point se limiter au premier plan.

Ne vous laissez pas endoctriner par les beaux discours de ces charlatans. La vérité est reflétée à l’arrière du tableau. Vous y voyez la réalité des opérations dentaires, la patiente est agenouillée et vomit dans une bassine tant la douleur est insupportable. Le dentiste est symbolisé par la grosse femme à ses côtés. Elle est brutal, ses vêtements sont couverts de sang et elle retrousse ses manches pour mieux opérer la patiente qui se tord de douleur. Dans ce cabinet là, nul sofa aux draps propres, pas de mobilier. Le patient est debout, quand il fait face au dentiste, ou parterre quand la souffrance ne lui permet plus de tenir sur ses deux jambes. Le sol est couvert de poussière et les murs cachés derrière de vieilles tapisseries, soit l’inverse du confort et de la propreté prônée par le devant de l’image. Enfin la seule récompense que vous obtiendrez du dentiste sera un charmant coup de poing dans la figure si l’ampleur de vos cris dépasse le seuil sa tolérance. Tandis que le petit animal que amènerez en réconfort lui servira de manteau.

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