Accueil > Créations littéraires > Travaux d’écriture avec Pierre Martin > L’ELECTION DE SA SAINTETÉ, FRANCOIS Ier

L’ELECTION DE SA SAINTETÉ, FRANCOIS Ier

jeudi 6 avril 2017, par Marion Devauchelle

L’ELECTION DE SA SAINTETÉ, FRANCOIS Ier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous souvenez-vous de ce fameux tableau peint par Titien, représentant une femme nue, paisiblement allongée sur une méridienne ? Jusqu’ici vous avez cru -on vous a fait croire- qu’il s’agissait d’une Vénus. Invention fallacieuse, bien loin de la réalité que recouvre cette œuvre. Car, je vous le certifie, cette œuvre picturale n’est autre qu’une allégorie de l’élection de sa Sainteté François Ier.
Tout comme l’indique vos souvenirs, la dite Vénus est au centre, paisiblement allongée sur un amas de tissus pourpres et blancs. Un bras accoudé sur des coussins albâtres, et la main gauche délicatement apposée sur son sexe, elle nous fixe silencieusement. Depuis le côté gauche du tableau jusqu’au centre, un épais rideau s’étend. Sa couleur verdâtre, tirant davantage sur le noir, la dissimule des protagonistes du second plan tout en soulignant sa nudité. Le chiot somnolant à ces pieds conduit notre regard vers les deux personnages situés à droite de l’arrière plan, tout deux affairés autour d’un coffre, sous une fenêtre découvrant, à l’horizon, la cime des arbres.
Les couleurs rouge et blanche qui ponctuent la toile aux premier et second plans, représentent évidemment la célèbre Cappa magna, costume ecclésiastique propre aux cardinaux. La tenue de la femme debout à l’arrière-plan fait, en effet, littéralement écho à la définition officielle de la chape prélatice : celle d’un long manteau de soie moirée rouge tombant aux pieds de celui qui le porte et recouvert au niveau des épaules d’un large chaperon blanc. Sachant que l’article 37 de la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, prévoit la venue obligatoire de tous les cardinaux à la Chapelle Sixtine, suite à l’annonce officielle du renoncement au pontificat, il apparaît clairement que ces figurés de couleurs introduisent les électeurs du nouveau Pape dans la toile. Si la femme est représentée nue et entourée de draps de mêmes couleurs, ce n’est d’ailleurs, que pour mieux suggérer le fait que le candidat élu devra se séparer de sa soutane pour revêtir la tenue papale. L’apparente fraîcheur qui émane de ce même personnage renvoie également à un autre article de la constitution apostolique, postulant que seuls les cardinaux inférieurs à 80 ans se voient dans la possibilité de participer au vote. La représentation d’une femme jeune est donc une façon de rappeler l’âge limite, au-delà duquel un cardinal est jugé trop âgé pour contribuer à l’élection papale.
Sur ce même principe du symbolisme, il convient de voir dans le positionnement de la main de cette dernière -c’est-à-dire, sur son propre sexe-, l’acte dont est investit tout cardinal avant les élections : celui-même consistant à prêter serment, la main sur les Évangiles, de garder secret tout ce qui aura trait à l’élection. En effet, plus qu’une main sur un sexe, il faut ici discerner une main sur un calice, objet dont le caractère sacré suggère sans équivoque celui des livres bibliques. Quant au secret relatif au bon déroulement des élections, il se manifeste dans l’atmosphère qui se dégage de l’œuvre : il semble en effet que dans cet espace clos - comme se doit de l’être la Chapelle Sixtine en période d’élection-, le silence règne en maître. Le coffre fermé que l’on peut distinguer au centre du tableau renforce l’idée de ce vote secret. Et ce, parce que le dit coffre ne serait autre qu’une urne, si l’on se réfère à la scène qui juxtapose cet élément du tableau. En effet, tout à chacun aura spontanément reconnu, dans le personnage agenouillé et penché sur un coffre ouvert, un cardinal déposant son bulletin dans l’urne. La scène même du vote, donc. Si le chien figurant aux pieds du personnage central, incarne le symbole suprême de la fidélité -et plus précisément de la fidélité chrétienne au Pape- sa représentation assoupie renforce inéluctablement cette notion de discrétion.
Mais revenons-en à notre figure principale. Sa nudité illustre, dans la continuité du processus de l’élection papale, le dépouillement du vote. D’autres pourront également y voir l’élection d’un pape en particulier, Sa Sainteté le Pape François, plus ouvert que ses prédécesseurs en matière de sexualité. Nous en venons ainsi à nous interroger sur le choix des couleurs des tissus qui structurent la scène : le contraste du drap blanc avec le rideau de couleur sombre, ne peut en effet être réduit à une simple question de travail de la lumière, de mise en valeur du personnage et autres enjeux techniques. Sachant que traditionnellement, lors des élections papales, une fumée blanche ou noire est émise pour informer de la positivité d’un vote ou, à l’inverse, de sa négativité, le choix de ces tons prennent toute leur dimension symbolique. Enfin, à l’arrière-plan, il est entendu que le balcon représenté n’est autre que celui de la basilique vaticane (vous remarquerez la colonne blanche typique de l’Italie romaine), depuis lequel a lieu la proclamation d’un nouveau Pape, en l’occurrence de Sa Sainteté le Pape François Ier.
Vous l’aurez compris, une simple documentation sur les modalités et le déroulement de ces élections suffit à reconnaître avec évidence, que la soi-disant Vénus d’Urbino n’est autre qu’une allégorie de l’élection de sa Sainteté François Ier.

Partager

Commenter

TAGS

EN IMAGES

Hilly, Elisabeth et Aibileen, scène d'affrontement où Aibileen se fait (...) Affiche du film

Visiteurs connectés : 10