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Repenser l’agriculture

Alternatives durables

mercredi 3 mai 2017, par Lucile Marsault

Depuis la nuit des temps, l’agriculture est un enjeu crucial pour nos sociétés. Avec la révolution industrielle, l’agriculture s’est mécanisée, facilitant la tâche des agriculteurs. Mais les avancées scientifiques et technologiques, comme l’invention des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) contribuent à la disparition de la biodiversité. Ainsi, selon la FAO (Food and Agriculture Organization), 75% des variétés comestibles ont disparues en un siècle. L’usage massif de pesticides a également de graves conséquences sur l’environnement, et des effets néfastes pour la santé humaine quisont timidement mais progressivement dénoncés.
Voici une vidéo qui permet de comprendre les dérives de l’agriculture industrielle.
Il apparaît donc primordial de repenser une agriculture plus durable, afin de concilier deux enjeux vitaux : nourrir l’humanité et respecter la Terre.
Voici quatre propositions d’alternatives porteuses d’espoirs :

  La permaculture

Respectueuse de l’environnement, la permaculture s’inspire de la nature et de sa diversité pour repenser les modes de production agricole. C’est une science de conception de cultures qui cherche à reproduire un écosystème productif et économe en ressources. Elle reprend les principes et les savoirs traditionnels permettant une agriculture biologique. Dans la pratique de la permaculture, c’est la symbiose et la coopération entre les plantes qui est recherchée. Dans la ferme du Bec Hellouin, en Normandie, un couple a appliqué les principes de la permaculture et obtient chaque année des rendements plus élevés. En plus d’être davantage respectueuse de l’environnement que les exploitations agricoles industrielles, la permaculture offre une productivité qui fascine les agronomes.

  L’agriculture urbaine

Proposée et reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’agriculture urbaine est une alternative pour renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte d’urbanisation des territoires. Des plantations se développent un peu partout dans les villes : sur les toits des immeubles, sur d’anciennes friches, dans les bacs à fleurs, etc. Certaines villes vont jusqu’à installer des fermes urbaines, comme à Chicago dans l’Illinois. Ces lieux permettent de renforcer le lien social entre les citadins, tout en découvrant les joies de produire sa propre alimentation. A Totnes, en Grande-Bretagne, des jardins potagers se sont développés dans toute la ville. Cette action fait partie d’un projet plus global qui cherche à faire de Totnes une ville dépendante en pétrole d’ici 2050.

 Coopération internationale et transfert de savoirs locaux

En créant des liens entre les acteurs de l’agriculture de divers pays, la coopération permet un transfert de savoirs et de technologies, dont chacune des parties tire bénéfice. Ainsi, la région Poitou-Charentes et la région de Fatick ont ouvert un partenariat entre leurs agriculteurs. Alors que les français ont apporté des connaissances sur l’élevage caprin et la fabrication du fromage, les sénégalais ont partagé leurs savoirs sur les techniques d’élevage en période de sécheresse. Cette coopération a permis la création de plus de mille emplois dans les deux régions. De plus, elle a fortement valorisé les compétences des agriculteurs des deux pays. Le caractère décentralisé de la coopération a grandement contribué à son succès.

 Sauvegarder les graines

En tant que premier maillon de la chaine alimentaire, les graines sont fondamentales à l’alimentation humaine. La disparition massive des espèces comestibles est accompagnée d’un appauvrissement nutritionnel des espèces restantes, notamment à cause des graines génétiquement modifiées. Ces graines doivent être rachetées tous les ans, ce qui met en danger la survie des paysans. En Inde, la fondation Navdanja, qui signifie « neuf graines » en hindi, aide les agriculteurs à mettre en place leur propre banque de semences, pour ne pas être dépendant de celles des multinationales. Dans cette même optique, plus de 500 000 agriculteurs ont été formé à l’agriculture biologique en Inde, assurant ainsi leur sécurité alimentaire

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