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Le Grand Jeu, en avant-première

samedi 28 novembre 2015, par Léopold Jacqueline

Vendredi 27 Novembre 2015 a eu lieu le lancement de la 38ème édition du Poitiers Film Festival au Théâtre Auditorium de Poitiers. Pour débuter cette semaine de projection, de débats et de rencontres autour du cinéma, l’organisation avait choisi de projeter le film Le Grand Jeu de Nicolas Pariser, qui sort en salle le 16 décembre 2015. Ce premier long-métrage du réalisateur fait se rencontrer Pierre Blum (un écrivain ayant connu son heure de gloire il y a une dizaine d’années et qui n’écrit plus rien depuis, interprété par Melvil Poupaud) et Joseph Paskin (un conseiller politique charismatique et manipulateur, campé par André Dussollier). Le second demande à l’écrivain oublié d’écrire un livre d’appel à l’insurrection, qu’il publiera anonymement, pour faire vaciller le ministre de l’intérieur en fonction.


André Dussollier (à gauche) et Melvil Poupaud (à droite), deux "portraits" au service d’un thriller politique efficace.

La tension et les complications de l’intrigue font de l’œuvre un thriller politique mais qui évolue aussi vers un film de « portraits » selon les mots du réalisateur, présent lors de la projection. En effet, ce film traite en grande partie du désenchantement politique « d’une génération ayant eu 20 ans il y a 20 ans » selon Nicolas Pariser, en s’appuyant sur le personnage principal nonchalant de Pierre Blum, bien sûr, mais aussi sur des personnages secondaires très valorisés comme Laura (militante d’extrême gauche jouée par Clémence Poésy) ou Caroline (l’ex-femme de Pierre Blum, interprétée par Sophie Cattani). Le réalisateur exploite parfaitement la richesse de ses personnages principaux et secondaires, notamment lors de longues conversations balayant de nombreux aspects de la vie politique sans rien enlever au rythme de l’intrigue. La littérature, l’engagement militant, l’exercice du pouvoir et ses coulisses ainsi que l’amour : tout se lie sans surenchère émotionnelle avec l’accompagnement d’une musique puissante.

« La liberté d’expression est plus efficace que la censure »

Au cours d’une des conversations entre Joseph Paskin et Pierre Blum, le personnage joué par André Dussollier explique, dans un sourire carnassier, que « la liberté d’expression est plus efficace que la censure ». En effet, son métier de conseiller politique revient à « mettre des gens en relations » et à « commander » des publications (livres, essais, articles) qui vont avoir un écho dans la société. Ainsi, ces écrits ont pour but de brouiller le message de ses opposants et l’insertion du doute sur la place publique est alors plus efficace que la censure selon Joseph Paskin.
En somme, le film multiplie les éclairages réfléchis mais sans aucune prétention sur le fonctionnement de notre démocratie. Le Grand Jeu fait la part belle à l’intrigue et aux personnages, utilisant les ellipses et la mise en scène de manière pertinente, pour offrir film captivant.

Le Grand Jeu de Nicolas Pariser (2015). 100min, en salles le 16 décembre 2015.

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Edgard devant le Bal des 9 Muses (Acte II) Drapeau du Canada Brian Mulroney Affiche du film

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