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Les filles naissent-elles dans les roses et les garçons dans les choux ?

Réflexions sur la société & le genre

jeudi 26 novembre 2015, par Anouk, Mirabelle Licorne Robert

Dans la formation Lettres Sciences Politiques, nous sommes dès la première année plongés au cœur de l’étude des normes qui régissent la société en secret. Cette première initiation se fait par le biais des cours de Culture Critique et Argumentation (CCA pour les intimes) dont l’objectif reste le même bien que les thèmes changent au grès des sensibilités des professeurs, à savoir apprendre à penser. Nous souhaitons ici vous faire partager une réflexion que nous amené à réaliser le cours de CCA portant sur le genre et les stéréotypes sexués, qui sont omniprésents dans notre environnement social. Cet article se sert d’un devoir proposé en cours comme base, devoir de dissertation qui a pour titre « Les garçons sont-ils nés dans les choux et les filles dans les roses ? ». Cet intitulé peut paraître étrange, mais il permet de mobiliser des concepts se rapportant au genre, étudiés et débattus en cours. En effet, si cet adage nous semble aujourd’hui anodin, permettant avant tout d’éviter la question épineuse de la procréation, il participe en réalité à l’imprégnation dans la conscience collective, et ce dès le plus jeune âge, de la distinction entre garçons et filles, hommes et femmes. En plus de cette séparation des sexes qui se retrouve dans l’ensemble de la société, cette explication enfantine instaure une opposition entre le féminin et le masculin, en y associant des images fondamentalement différentes.

Cette expression crée et illustre une distinction naturelle et prénatale entre féminin & masculin (choux & roses renvoient à des éléments naturels). Cette idée s’insinue inconsciemment dans les esprits et devient un fondement de l’imaginaire collectif. Le sexe devient alors le fondement d’une répartition entre homme et femme. Cela engendre une séparation hermétique entre les deux sexes. Ensuite, le sexe détermine l’environnement, l’éducation, le comportement et l’insertion des individus au sein de la société et les attentes de celle-ci vis-à-vis du nouveau né. Cette simple expression a priori anodine et puérile révèle des stéréotypes sexués et une vision sexiste de la société car la rose renvoie à une vision de la femme belle, fragile et surtout inutile alors que l’homme est cantonné à son rôle de dominant, fort, résistant, utile.

D’autre part, l’évolution de la société et des mentalités questionnent ces stéréotypes féminins et masculins. Il y a une lutte contre cette société qui souhaite classifier les individus, on parle de société normative. Brouiller la frontière entre les sexes qui se traduit par l’appropriation d’une sexe des attributs du sexe opposés. Ce comportement de « gender-resistant » se préoccupe de l’émancipation des individus de la vision sexuée de la société.
Il faudrait que la nature définisse le fait d’être homme ou femme alors que cette nouvelle attitude féministe remet en cause ce postulat. Les stéréotypes sexués interprètent la nature. Pourtant, celle-ci ne fait que distinguer physiquement deux sexes. Ainsi, être homme ou femme relève d’une construction sociale. Par exemple, il peut y avoir une inadéquation entre sexe biologique et l’identité sexuelle de l’individu. C’est le cas pour les personnes trans-genres (adopte le comportement opposé à son sexe biologique) ou les trans-sexuels (change de sexe biologique). Ces contestations remettent en question le caractère naturel du sexe comme représentation sociale.

Pour répondre à l’adage populaire « les filles naissent dans les roses et les garçons dans les choux » nous pourrions opposer la célèbre phrase de Simone de Beauvoir « on en naît pas femme, on le devient ».

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