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Mettre les mots sur les choses : "DAESH" et la "génération Bataclan"

samedi 21 novembre 2015, par Martin Rass

 DAESH ou État islamique ?

Il ne semble pas anodin de donner un nom au territoire qui s’est proclamé héritier du califat en 2014 [1] Après quelques flottements, on a pris l’habitude en France de l’appeler DAESH, depuis la déclaration publique (en 2014) de Manuel Valls qui appelait à cesser de parler d’État islamique pour la simple raison que cela cautionnait un régime illégal non assimilable à un État ni à l’islam, ceci pour d’autres raisons. Même si cette transcription phonique de l’arabe dit en principe la même chose que État islamique, cette appellation comportait aussi l’avantage d’être un jeu de mots. [2]
Mais cette distinction a volé en éclats à la suite des attentats meurtriers du 13 novembre 2015.
Ceux qui continuent à utiliser DAESH se placent désormais sur l’échiquier gauche du paysage politique ou font tout simplement partie de ceux qui refusent toujours à l’État islamique son statut d’État. Par contre, beaucoup ont utilisé l’appellation État islamique ces derniers jours, ou sont passé de l’appellation de DAESH à celle de l’État islamique. Regardez la vidéo du Petit journal suivant (en entier si vous êtes fan ou à partir de 30:30 pour un bref panorama de la confusion) :

Il semble donc de plus en plus relever d’une acrobatie d’appeler un chat un chat, synonyme ou non, État ou non, islamique ou non. Le jeu de mot en arabe, s’il est connu, n’est plus d’actualité, comme l’interrogation sur l’identité des deux termes.

Notes

[1la ré-instauration du califat sur les bases de l’héritage musulman (le calife est un descendant du prophète) fut en partie à une promesse faites par les occupants français et britanniques à l’époque du déclin de l’empire ottoman, dernier califat en date. Pour aller plus loin : écouter l’émission sur France Culture à ce sujet.

[2"Thanks to Arabic wordplay, it could also be an insult. “Depending on how it is conjugated in Arabic, it can mean anything from ‘to trample down and crush’ to ‘a bigot who imposes his view on others,’" Boston Globe writer Zeba Khan reported in October 2014. ISIS threatened “to cut the tongue of anyone who publicly used the acronym Daesh, instead of referring to the group by its full name,” the Associated Press wrote in September 2014." peut-on lire dans un article du International Business Times, consacré à la question.

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