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Dans de beaux draps...

L’effet d’une bombe !

mardi 10 novembre 2015, par Emmanuelle Renault

Septembre 2015, la nouvelle fait l’effet d’une bombe au Japon : M. Shimomura, ministre de l’éducation, propose la fermeture de 26 facultés de sciences humaines. Elles ne seraient pas « utiles aux demandes de la société ». Pas plus que lui, serions-nous tenté d’affirmer. Les deux universités de Tokyo et de Kyoto font de la résistance. Monsieur Sawa, président de l’université de Shiga, affirme qu’il s’agit là d’une politique anti intellectuelle.

En même temps, les Japonais sont plus connus pour leur technologie que pour leur rayonnement culturel. Alors quoi ? l’État japonais s’oppose aux sciences humaines et à la culture maintenant ? Banzai  !

Rien de neuf, jusqu’au IXème siècle, le Japon pratique déjà la bonne vieille recette du made in china. Sa maxime favorite : « savoir chinois, génie japonais ».

Au Japon, la culture est à prendre avec des baguettes  : l’important, c’est de ne pas aller à l’encontre de l’État. Après l’occidentalisation voulue par Meiji au 19ème siècle, le Japon a connu une explosion culturelle à la croisée des nippons et des bretons. Nichons, bukake et flots de sake, c’est les années folles made in Japan. Mais la faction militaire reprend les rênes et fait le ménage dans toute cette décadence. Stupeur, fureur et tremblements, ils restent au pouvoir jusqu’en 45. D’ailleurs, pendant la Seconde guerre mondiale, les étudiants en sciences dures sont exonérés de combats tandis que les étudiants en sciences molles sont directement envoyés au front. Deux poids, deux mesures, caviar contre chair à sushisse ?

Si la compétitivité, c’est la santé, le pays du soleil levant semble s’être levé du mauvais pied. M.Shimomura s’est saoulé aux chiffres et c’est aux étudiants de trinquer. A vos stylos et cahiers, le ministre de l’éducation nous donne une belle leçon d’humanité. Étudiants en lettres, fini de rêvasser sous les cerisiers, il est temps d’aller rouler vos bosses et de vous fondre dans l’économie de marché.

Envahie par les risques systémiques et située au cœur de 3 plaques tectoniques, et je ne vous parle pas de la crise d’épilepsie qui a secoué notre adolescence, la politique japonaise semble vouloir provoquer ses propres ras de marées.

Je vois déjà les habitants de Poitiers soupirer, ça n’arrivera pas chez nous se disent-ils, rassurés. Il est important de garder les yeux grands ouverts sur nos ministères, car comme nous le rappelle Madame de La Fayette dans sa Princesse de Clèves, «  ce qui paraît n’est presque jamais la vérité  ».

Chronique Matinale à Radio Pulsar

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