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La Crise de l’Etat-Providence de Pierre Rosanvallon

dimanche 10 mai 2015, par Britanie BERNARD, lettres-scpo

Fiche de lecture réalisée par Aloïs Gaborit, mise en page par Britanie Bernard.
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 Pierre Rosanvallon

Pierre Rosanvallon est né en 1948. Cet historien et politologue, directeur d’étude à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et professeur au Collège de France, consacre son temps, depuis les années 1980, à de nombreuses réflexions sur la démocratie, notamment à l’histoire intellectuelle de la démocratie en France. Il a publié La crise de l’État-Providence en 1981, un de ses ouvrages de référence dans lequel il dresse un constat simple : « l’État providence est malade », pour des raisons qui paraissent également simples : « les dépenses sanitaires et sociales croissent beaucoup plus vite que les recettes ».

 Présentation de l’ouvrage

Après avoir dressé le constat des dysfonctionnements de l’État providence à travers trois crises (de légitimité, de financement et d’efficacité), Pierre Rosanvallon montre les propositions libérales voire néo-libérales et leurs limites, avant de faire ses propres propositions comme alternatives à la crise. Il semble alors que l’Etat-Providence soit un système global qu’il faille changer afin de retrouver une confiance politique, sociale et économique en l’État et plus encore l’État-Providence.

Il semble pour autant qu’au-delà des trois points soulevés par Pierre Rosanvallon en troisième partie, c’est une crise, plus profonde de représentation qui mine notre système politique, laissant la place à aux extrêmes qui occupent le vide laissé par les partis traditionnels. Ce sont ces données de l’échiquier politique qui laissent libre court aux envies de dérégulation des politiques sociales, de mise à mort de l’État-Providence et de libéralisation totale de l’économie malgré un mouvement sécuritaire fort.

Ce que propose Pierre Rosanvallon :
Pierre Rosanvallon propose une alternative au modèle défaillant de l’État-Providence : la post sociale démocratie. Cela suppose un compromis social, qui repose sur trois concepts phares.

Tout d’abord une autonomisation de la société par rapport à l’État. Pour autant, cela ne suffira pas, s’il n’y a pas une redéfinition des frontières entre l’État et la société. Il est donc nécessaire de remodeler les rôles de chacun, ce qui engendrera, selon lui, un transfert de certaines compétences publiques vers la sphère privée. Deux conséquences positives découleront de ce changement : une socialisation différente et une décentralisation plus forte.

Ensuite, les positions de Pierre Rosanvallon sur la socialisation naissent du constat qu’il y a une atomisation des individus, une crise du lien social qui engendre une demande sociale croissante. En effet, les individus recréent des liens sociaux à travers l’État. Ainsi des associations, qui sont en fait les déclinaisons des fonctions sociales de l’État, parent les carences de l’État qui favorise le lien social. Et cela a un coût. De plus l’hyper-socialisation par le haut (les aides et subventions de l’État et le grand nombre d’association) ne fonctionne pas tellement. Pierre Rosanvallon estime donc qu’il est nécessaire de créer des espaces de solidarité citoyenne et d’initiative privée. Cependant, le politologue pense que cela ne se fera pas sans une baisse du temps de travail. Cela suppose donc un compris, socio-économique, avec le patronat.

Enfin, la décentralisation repose également sur plusieurs constats : le coût de la bureaucratisation, qui est élevé, l’impôt n’est plus perçu dans sa forme originelle et la redistribution est désormais loin des individus. La société ne voit donc plus le lien entre les taxes payées, et la solidarité perçue. La solution proposée par Pierre Rosanvallon serait de décentraliser les compétences de l’État afin de mettre en place une démocratie de proximité. De cette manière, le citoyen se sentirait proche des décideurs, de la source du pouvoir, et comprendrait ce pour quoi il paie, ce qu’il reçoit. Une efficacité plus grande et une légitimité retrouvée découleraient de ce système.

 Notre avis

Enfin, il semble nécessaire de dire que cet ouvrage, très bien construit, permet d’abord une compréhension facile des problèmes exposés ainsi qu’un état des débats relativement complet. De plus, les « fiches repères » à la fin de l’ouvrage, sont extrêmement utiles pour comprendre les enjeux des débats.

En somme, un ouvrage qui reste aujourd’hui très pertinent et qui permet de (re)penser la crise et notre modèle. Un incontournable !

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