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Laurent Bonelli, La France a peur - Une histoire sociale de l’insécurité

vendredi 13 mars 2015, par Léna Grelet, lettres-scpo, Normand Charlotte

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 En bref

Laurent Bonelli se livre à une Histoire critique du phénomène « d’insécurité ». Beaucoup de titres et d’expressions illustrent son positionnement critique face à l’utilisation de cette notion, telles que : « enrôlement », « doctrine », « captifs des cités ». L’évolution de son propos est très logique et progressive. L’auteur opère une description précise du fonctionnement interne de plusieurs institutions et présente ainsi les rouages de la circulation d’une notion qui se transforme perpétuellement.
Cependant, on peut se demander si le titre « Une Histoire sociale de l’insécurité » est adapté au contenu de sa démonstration. En effet, on comprend que ce titre semble faire écho aux représentations sociales de « l’insécurité ». Mais qu’en est-il des représentations sociales de ceux qui sont dans « l’insécurité existentielle » ? Il est possible de reprocher à l’auteur de peu développer le lien qu’il établit entre « la sécurité » qu’il étudie et cette dernière, pourtant un des points les plus intéressants de son développement. En effet, il écrit dans sa conclusion que « sécurité et sécurité existentielle sont indissociables ». De plus, l’auteur parle de l’exclusion des catégories populaires du débat public sans pour autant leur donner la parole dans l’analyse qu’il fait d’un sujet qui les concerne directement. Il ne s’agit pas de reprocher à l’auteur de ne pas avoir traité amplement de sujets qui n’étaient pas l’objet central de son étude mais de suggérer que le développement périphérique de certains éléments auraient pu étoffer son développement.
Quoiqu’il en soit, La France a peur est un ouvrage de référence pour les lecteurs qui souhaitent comprendre comment la notion « d’insécurité » a réussi à s’implanter dans les secteurs de la vie sociale, médiatique et politique. A la lecture de la démonstration de Laurent Bonelli, on a l’impression d’un dévoilement de beaucoup de mécanismes de contrôle du corps social à l’intérieur de notre démocratie.


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