Accueil > Actualités > Et les pavés sont tous sanglants (Clément Méric)

Et les pavés sont tous sanglants (Clément Méric)

vendredi 7 juin 2013, par Arnaud Maisetti

Ne rien dire qui pourrait passer, de loin où l’on se situe, trop loin toujours, pour de l’appartenance de seconde main, ou comme du confort de penser tandis que d’autres meurent. Mais est-ce que, parce qu’on ne se trouvait pas sous les coups de poings et de pieds et les insultes, on serait interdit de parole, de se sentir nous aussi frappés – est-ce que ça impliquerait le silence, et l’aveu tacite que puisqu’on n’était pas frappé, nous, dans le corps, on n’a pas le droit de dire au nom de quoi il l’a été, et que c’était peut-être au nom de ce qui est le plus cher ? Qu’il l’a payé de la vie, ce prix, et tout, qui fait de nous des vivants, nous condamne au silence ?

Comme cela est difficile à démêler, moi je ne dirai rien, je le sais bien, sur ces questions qui sont prétextes aux pires raccourcis. Ceux qui rejettent loin ceux qui agissent tous les jours, près de la ligne de front, de ceux qui ne sont pas sous les coups, et qu’importe s’ils sont d’accord, ils seraient plus coupables que ceux qui frappent, parce qu’ils endosseraient pour eux des luttes auxquelles ils ne participent pas.

Et pourtant, quand il faut penser au nom de quoi ce garçon est tombé, hier, que je lève les yeux sur la ville Avenue de France en regardant son visage que je n’ai connu que lorsqu’il est tombé, je vois la même ville que lui, et le monde autour qui l’enferme aussi, je crois qu’il lui ressemble, je crois.

(...)

Voir en ligne : Et les pavés sont tous sanglants (Clément Méric)

Partager

Commenter

TAGS

EN IMAGES

Congrès 2010 des CEMEA Régions du Canada Palm Island Pena Nieto et le P.R.I, par Chapatte Drapeau du Canada Atelier des Assises Productions Écrites Carte de la région 1914-23 Le stage obligatoire

Visiteurs connectés : 4