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La Fabrique de l’Homme endetté, Essai sur la condition néolibérale de MAURIZIO LAZZARATO

par Damien Lambert

samedi 1er juin 2013, par Dimitry Dugeny, Marina MOUTOU

Compte-rendu de La Fabrique de l’Homme endetté, Essai sur la condition néolibérale, MAURIZIO LAZZARATO :

 Introduction

Dans ses volumes du Capital, Karl Marx démontrait comment la place dans le processus de production déterminait la place dans l’espace politique. Le matérialisme historique marxiste envisage la condition ouvrière comme la cause de la condition politique prolétarienne : la soumission dans le rapport de production a pour reflet la soumission dans l’espace démocratique. La conclusion de Marx étant que le “Grand Capital” concentrait les pouvoirs économiques (propriétaires des moyens de production) et les pouvoirs politiques (détenteurs de mandats électifs ou d’une influence via la réseau social), cet enchevêtrement constituant la “superstructure capitaliste”.

Face à la mutation du capitalisme, que l’on appelle désormais “néolibéralisme”, les intellectuels critiques ne s’accrochent pas tous aux « vieilles lunes de la lutte des classes » (voir discours de Nicolas Sarkozy au Trocadéro) et proposent de nouveaux concepts innovants pour penser ce fameux « monde qui bouge si vite » (ibid.)… Parmi eux, le sociologue et philosophe Maurizio Lazzarato nous propose une nouvelle approche qui trouve ses fondements dans les travaux de Nietzsche, Guattari, Deleuze, ou encore Marx. La Fabrique de l’Homme endetté, essai sur la condition néolibérale propose d’intégrer au schéma marxiste classique d’exploitation un élément incontournable du monde contemporain : la dette.
La force de cet ouvrage réside dans la transversalité donnée à la problématique de la dette qui concerne les états, les entreprises, et les ménages, et qui dépasse par conséquent le seul champ économique pour finalement influencer la sphère social. Maurizio Lazzarato fait de ce qui n’est à première vue qu’un emprunt (ou un prêt selon le point de vue), la clef de voûte des rapports sociaux de la société contemporaine. Dans un premier temps La Fabrique de l’Homme endetté révèle la dimension morale de la dette (et donc subjective), et insiste enfin sur la dimension politico-économique ayant permis à la « finance » de concentrer autant de pouvoir.

Ce compte-rendu critique aura pour but d’exposer la pertinence de la thèse de cet ouvrage, puis d’en tracer les limites. Nous envisagerons donc la dimension morale de la dette puis le « vol de temps » qu’elle représente, ce qui posera enfin la question suivante : la dette est-elle le nouvel opium du peuple ?

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