Judith Migny/ décembre 11, 2018/ Pulsar

chronique du 17 octobre 2017 (en duo avec Marine Teixeira)

Aaaaah, les États-Unis, la Californie, Los Angeles, HOLLYWOOD. L’industrie du cinéma, les stars et les films à gros budgets, ça fait rêver non ? Bof. Oui bof vous diraient les américaines. Alors non, les réalisateurs américains ne sont pas tous des pervers dégouttant voleurs de droits fondamentaux comme celui du charmant portrait que Marine vient de vous peindre, mais bon, je ne vais pas non plus vous parler d’égalité. Parce que l’industrie du cinéma américain c’est pas tout à fait le scenario de la parité… La preuve en chiffre ? Alors, approximativement, les femmes représentent la moitié de la population américaine, et devinez quoi ? Le pourcentage de femmes réalisatrices s’élève au chiffre ridicule de 10%. Oui ce chiffre est assez terrifiant, mais les femmes ne comptent pas pour autant se laisser évincer du cinéma.

Le 9 août 2017 a eu lieu une conférence à Los Angeles organisée par la chaîne de télévision FX. Plusieurs réalisatrices étaient conviées afin de parler d’une potentielle solution pour augmenter les 10% et réduire le sexisme à Hollywood, cette solution serait des quotas. Les quotas se sont des pourcentages à respecter afin d’atteindre la parité. Bien que les avis soient divisés, les quotas apparaissent tout de même comme une possibilité intéressante afin de permettre à de nouvelles cinéastes de prendre leur place plus facilement dans cette industrie où elle ne sont pas chaleureusement accueillies. Même si les quotas sont utilisés de façon temporaire ils seront indéniablement utiles et pourraient changer les habitudes sexistes qui perdurent dans le monde du cinéma hollywoodien. Si c’est bien la chaîne de télévision FX qui a organisé cette conférence ce n’est pas pour rien, puisque celle-ci travaille sur le projet « Half Initiative » avec le réalisateur Ryan Murphy, qui a pour but de créer l’égalité des chances derrière les caméras. Et les résultats de ce projet sont significatifs, puisque de 12% de réalisatrice en sont seins en 2015, la chaîne est passé à 51% en 2016 ! Comme quoi lorsqu’on remue un peu les gens pour leur montrer les inégalités auxquelles ils font face tous les jours, on finit par en venir à bout.

Mais malheureusement, si le sexisme est présent derrière la caméra il l’est aussi devant. Vous êtes vous déjà demandé si un film avait l’air plutôt sexiste ou non ? Alors au-delà du héros souvent masculin, des dialogues monopolisés par les hommes… Et bien le test Bechdel pourrait bien répondre à vos question. Ce test, imaginé par Alison Bechdel en 1985, permet de mesurer la représentation équitable – ou non – des femmes dans les films. Il y a trois critères pour faire cette petite expérience, écoutez bien : Tout d’abord, est-ce que le films met en scène au moins deux personnages féminins ? Est-ce que celles-ci dialoguent entre-elles ? Et enfin, parlent-elles d’autres chose que d’un homme ?… Alors non ce test ne donne pas de règles strictes pour définir si un film est sexiste ou non, mais appliqué à plusieurs long-métrages, il permet au moins de se rendre compte de l’inégalité des sexes qui y règne… A l’heure où je vous parle il y a 7411 films répertoriés sur le site bechdeltest.com, et 57% d’entre-eux respectent les critères. Le point positif, c’est que ce pourcentage est en constante augmentation depuis le début de l’étude. Le point négatif c’est que Valérian, Kingsman et même Detroit que vous avez peut-être vu au cinéma dernièrement n’en font pas partis…

Bref, la route est longue avant de pouvoir se réjouir de savoir que le monde du cinéma n’est pas sous le dictât misogyne du sexe masculin, mais nous pouvons sans aucun doute faire confiance à ces femmes et ces hommes qui font significativement avancer les choses, en nous faisant rêver dans l’égalité.

Judith Migny

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