Judith Migny/ novembre 30, 2018/ Pulsar/ 0 comments

chronique du 12 octobre 2017 – duo avec Marine Teixeira (chronique du féminisme en Suède)

Arvida Bystrom

Parlons aujourd’hui de standards de beauté. Cette information vous a peut-être échappé car elle a été très peu discutée par les médias, mais une nouvelle égérie a été choisie par Adidas, et cette décision n’est pas anodine. En effet, la marque, qui nous a déjà montré une volonté de s’éloigner de la « beauté standard », et je met des guillemets autour de ce terme, a sortie une vidéo. Celle-ci fait la promotion des baskets mythiques, les superstar, en les faisant porter par différent.e.s mannequins, dont Arvida Bystrom, une jeune photographe suédoise. Arvida pose sans se soucier aucunement de ses jambes, poilues. Car comme vous avez sans aucun doute remarqué, la mode n’est pas le domaine dans lequel on fait circuler les meilleurs messages de diversités… La plupart des marques font appel à de joli.e.s et jeunes mannequins, tous et toutes correspondant.e.s à des critères de beautés qui entrent dans une norme que l’on nomme la « beauté standard ». Et l’épilation fait partie de ces critères. Les femmes, mais également les hommes, subissent aujourd’hui, à cause des vidéos pornographiques, des magazines et des icônes de beauté une pression leur dictant des codes de beauté à respecter s’ils veulent rentrer dans la norme.

Les poils surtout, sont un élément du corps de la femme qui est détesté et renié malgré sont évidente utilité sanitaire et sa présence normale et naturelle sur le corps humain…
Cependant le monde évolue, si si je vous promet ! Et par exemple, l’agence qui emploi la mannequin Arvida Bystrom, qui s’appelle Anti-Agency, revendique son intérêt pour la diversité et la beauté naturelle, en affichant un répertoire de différents artistes intéressés par le mannequina et qui ont tous et toutes une particularité propre. En effet, aucun.e d’entre eux/elles ne sont recruté.e.s pour leur ressemblance avec un modèle de beauté particulier mais pour ce qu’iels dégagent ou pour un aspect de leur physique qui font d’eils les êtres humains uniques qu’iels sont.
Dans la vidéo promotionnelle d’Adidas, Arvida Bystrom dit, je cite : « Je pense que la féminité est un concept culturel. Je pense que tout le monde peut être féminin(e), faire des choses féminines, et que la société actuelle a très peur de ça ». Cette phrase pose notamment la question du genre, et la façon dont les hommes et les femmes doivent chacun correspondre à un certain type de beauté et même à un certain type d’acteur social dans notre monde en général.

Par exemple, pour beaucoup de gens, la pilosité est un aspect du corps humain associé uniquement aux hommes, et les femmes sont ainsi stigmatisées dès lors qu’elles apparaissent avec des poils, catégorisés masculin. La mannequin Arvida Bystrom, qui est également féministe et photographe, milite à travers ses photos, qu’elle poste sur Instagram afin de débrider le sujet de la féminité en assumant totalement sa pilosité naturelle.
Des activistes comme Arvida Bystrom nous permettent de nous rappeler que rien de ce qui touche le corps humain ne peut être décrit par le mot « dégueulasse », adjectif qui a été beaucoup utilisé dans de violents commentaires suivant la campagne d’Adidas. Le corps de la femme, longtemps idéalisé et conformé selon les tendances, commence à prendre aujourd’hui son émancipation, et à montrer sa beauté aux yeux de tous, enfin.

Judith Migny

Radio Pulsar

Arvida Bystrom Instagram

 

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